Les énergies renouvelables, une opportunité pour les agriculteurs

Vie des sociétés | 23.02.18
Partager sur :
Les énergies renouvelables, une opportunité pour les agriculteurs - Batiweb
Une étude publiée jeudi par l’Ademe révèle que le monde agricole a contribué à la production de 20% des énergies renouvelables nationales en 2015, une production qui a représenté un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros. Les EnR se veulent ainsi une source importante de revenus pour les agriculteurs (jusqu’à 15 000 € annuels) qui s’imposent désormais comme des acteurs incontournables de la transition énergétique. Précisions.
L’Ademe a dévoilé ce jeudi les résultats d’une étude inédite qui conforte la place de l’agriculture au cœur du développement des énergies renouvelables. S’il dispose d’un potentiel important de production d’EnR, le monde agricole gère également des surfaces importantes susceptibles d’accueillir des systèmes de production d’électricité renouvelable, note l’étude.

Ainsi, en 2015, la contribution directe et indirecte de l'agriculture à la production d’EnR a été chiffrée à 20% de la production nationale :
« Avec 4,5 Millions de Tonnes Equivalent Pétrole (Mtep), les exploitations agricoles participent autant à la production d’EnR qu’elles consomment d’énergie non renouvelable ».

Selon les estimations de l’étude, plus de 50 000 exploitations agricoles (soit 15% des exploitations) participent déjà à la production d’EnR de façon significative, un chiffre qui pourrait croître dans les années à venir. La contribution du secteur pourrait en effet être multipliée par 2 à l’horizon 2030 et atteindre 15,8 Mtep en 2050.

Une contribution variée

La contribution des exploitations agricoles à la transition énergétique prend plusieurs formes :

- L’autoconsommation de chaleur et d’électricité pour réduire la facture énergétique de l’exploitation (géothermie, solaire thermique, photovoltaïque, méthanisation) ;
- La production et la vente de biomasse pour la production d’énergies renouvelables (biocarburants, méthanisation, bois) ;
- La vente d’électricité ou gaz directement sur les réseaux (photovoltaïque, méthanisation) ;
- La mise à disposition de surface pour les installations de panneaux solaires ou d’éoliennes.  

Cette contribution à la production d’EnR issue du secteur agricole en 2015 représente un chiffre d’affaires pour les agriculteurs de 1 366 millions d’euros, soit l’équivalent de 2% du chiffre d’affaires du secteur. Ce chiffre d’affaires est développé principalement sur la vente de biomasse pour les biocarburants (1 milliard d’euros). Le photovoltaïque, la méthanisation et la production de biomasse ont respectivement généré 105, 88 et 85 millions d’euros.

« A ce chiffre d’affaires s’ajoutent 112 millions d’euros d’économies sur la facture énergétique des exploitants par l’autoconsommation de biomasse, la mise en place d’installations solaire thermique et de pompes à chaleurs, soit 3,4% des dépenses énergétiques », détaille l’étude.

Ces chiffres encore « mesurés », selon l'Ademe, ont généré un « impact significatif » pour les agriculteurs engagés dans ces projets : le développement des EnR contribue à diversifier leur revenu, pour des montants pouvant aller de quelques milliers d’euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15 000 € annuels de revenus complémentaires.

Accompagner la filière

Compte tenu des perspectives de développement du secteur agricole en matière d’énergies renouvelables, l’étude recommande « le renforcement d’une animation locale axée sur la fourniture de conseils techniques, administratifs et financiers, ainsi que d’un accompagnement au montage de projets ».

Elle préconise aussi la mise en place de dispositifs de financement adaptés au monde agricole : « Des programmes de financement, dédiés aux EnR dans le secteur agricole, relayés par les banques pourraient contribuer à lever les freins (…). Une fiscalité orientée vers les EnR serait un signal incitatif important pour l’investissement des agriculteurs dans les EnR et faciliterait l’investissement des revenus agricoles dans leur développement »

Et propose en outre de co-construire avec les partenaires agricoles, l’évolution et la diffusion des modèles d’affaires adaptés, de développer l’autoconsommation et de favoriser les projets intégrés au territoire.

« Les énergies renouvelables, c’est de l’emploi dans les territoires, c’est un revenu complémentaire pour les agriculteurs, c’est un plus pour la planète. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, nous allons encore accélérer et faire en sorte que chaque agriculteur qui le souhaite puisse s’engager pour le solaire, l’éolien ou le biogaz », déclare Nicolas Hulot.

R.C
Photo de une : ©Fotolia

Redacteur
filter_list

Sur le même sujet

Feuille de route énergétique : la SNBC et la PPE officiellement adoptées - Batiweb

Feuille de route énergétique : la SNBC et la PPE officiellement adoptées

Malgré le contexte de crise et d’état d’urgence sanitaire, le gouvernement a publié ce jeudi 23 avril 2020 les décrets de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) au Journal Officiel. A travers la publication officielle de ces textes, le gouvernement réaffirme sa volonté de réduire la dépendance de la France au nucléaire et d’accélérer le développement des énergies renouvelables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.
Un vent de reprise souffle sur les filières éoliennes et photovoltaïques  - Batiweb

Un vent de reprise souffle sur les filières éoliennes et photovoltaïques

Au terme du 1er semestre 2014, l’éolien et le photovoltaïque représentent respectivement 3,7 % et 1,2 % de la consommation française d’électricité sur une année glissante, pour des parcs installés atteignant 8 575 MW et 4 763 MW en France métropolitaine. C'est ce que démontre le panorama des énergies renouvelables, publié le 7 octobre, date à laquelle se tenait également le colloque national éolien 2014.
La Programmation pluriannuelle de l’énergie doit retrouver « sa grandeur »  - Batiweb

La Programmation pluriannuelle de l’énergie doit retrouver « sa grandeur »

42 acteurs engagés en faveur de la transition énergétique ont co-signé ce jour un texte de soutien au développement d’un modèle français durable de production de gaz renouvelable. L’objectif, interpeler le Président de la République afin que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) considère davantage la méthanisation, une filière qui contribue à la préservation des ressources et à la lutte contre le changement climatique.
15 propositions pour accélérer le développement de la méthanisation  - Batiweb

15 propositions pour accélérer le développement de la méthanisation

Le 1er février dernier, Sébastien Lecornu installait un groupe de travail sur la méthanisation. Ce lundi, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a dévoilé 15 propositions pour accélérer l’installation d’unités de méthanisation partout en France. Elles viennent s’ajouter aux dix conclusions présentées en janvier dernier par le groupe de travail éolien, dans le cadre du Plan de libération des énergies renouvelables. Précisions.