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Origines, coûts, solutions… L'AQC publie un focus sur les sinistres du vitrage

Publié le 16 septembre 2021

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L’observatoire de l’Agence Qualité Construction (AQC) a réalisé en avril dernier une étude intitulée "Focus Vitrage", en collaboration avec le ministère de la Transition écologique. Nouveau titre de la collection « Focus », dédiée aux chiffres des différentes sinistralités de la construction, le document tend à identifier les origines, le coût mais aussi les actions pour prévenir les dommages liés au vitrage. Décryptage.
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« Sans nul doute, les vitrages prendront leur part dans cette quête à l’économie d’énergie dans les constructions », annonce en préambule l’étude Focus Vitrage de l’AQC. Destiné aux concepteurs, maîtres d'œuvre comme aux entreprises, le document tire ses résultats du dispositif d’observation Sycodès. Ce dernier regroupe des fiches produits réalisées par des experts en construction mandatés par les assureurs Dommages-Ouvrage, suite à la déclaration de sinistres par le maître d’ouvrage. 

Les dommages étudiés se concentrent en grande partie dans les locaux d'activités présentant des façades vitrées, dont les données examinées couvrent la période 2008-2020. Précisons que l’étude ne traite que du verre de silicate sodocalcique, utilisé dans le bâtiment.

40 % des dégâts causés par des problèmes d'étanchéité à l'eau

Les désordres ont été réparties entre deux types d’ouvrage : les façades légères (vitrage extérieur collé, façade en verre…) et les vitrages (simple, isolant…).

Dans les deux catégories confondues, 40 % des désordres causés entre 2008 et 2020 parmi les locaux d’activité sont dus à un défaut d’étanchéité à l’eau, entraînant 33 % des coûts de réparation. Taux de coût équivalent pour les défauts de sécurité d’utilisation, qui représentent 23 % des dégâts engendrés. L’observatoire se penche également sur les dysfonctionnements à l’origine des désordres. 74 % proviennent d’un défaut d’exécution, engrangeant 64 % des coûts de réparation. Ce poste de sinistre est suivi par le vice du matériaux (11 %) et le défaut de conception (8 %).

Lorsque l’on se concentre individuellement sur les deux catégories d’ouvrage, les manifestations diffèrent. Ainsi, du côté du vitrage, la rupture du vitrage est le principal sinistre (53 %), suivi de l’embuage (7 %) ou la mauvaise tenue des joints (2 %). Pour les façades vitrées, ce sont des facteurs extérieurs à l’étanchéité (39 %) ou la rupture de vitrage (11 %) qui arrivent en tête, car 50 % des façades vitrées endommagées auraient subi des problèmes de collage de vitrage, des incidents de pose, voire de chantier, ou des déformations de joints organiques.

Des solutions contre les casses thermiques comme spontanées ?

A partir de cet état de lieux, le Focus Vitrage a déterminé deux grands types de casse. D’abord celle thermique, que ce soit par rayonnement solaire ou présence d’une forte source thermique. Ces derniers peuvent créer des écarts entre température intérieure et extérieure de la vitre, menant à sa déformation, jusqu’à rupture brutale. 

Pour prévenir ces risques, il serait possible de les calculer préalablement via un logiciel, en se penchant sur certains facteurs : capacité d’absorption énergétique donc d’échauffement, mise en œuvre du vitrage (feuillure, collage), environnement intérieur et extérieur du bâtiment (conditions d’ombrage et exposition solaire) etc. Si, suite à ces simulations, un écart de température est constaté, l’AQC encourage des travaux de réajustement.

Côté casse spontanée, le problème reste plus complexe, car spécifiquement lié au verre trempé thermiquement. Lors de sa fabrication, du sulfure de nickel peut possiblement s’infiltrer dans les cloisons vitrées. Or la structure cristallographique de la substance peut s’étendre lors des variations de températures, faisant dépasser les contraintes de résistance de la vitre, qui rompt instantanément.  

Non seulement le phénomène se produit rarement, la plupart du temps dans les balcons d’immeubles en hauteur ou les cloisons vitrées en intérieur, mais la présence de sulfure de nickel se repère difficilement au moment de l’élaboration. C’est malheureusement au moment de la casse qu’on détecte la substance, malgré des test post-fabrication, comme le test heat soak (HST), qui a encore du mal à prévoir ce sinistre avec exactitude.

Si le vitrage ne passe pas par le traitement (HST) et qu’il se brise, des moyens permettent d’assurer la sécurité des occupants du bâtiments mais aussi la rigidité du verre cassé : assemblage en verre feuilleté pour retenir les fragments, ou encore casquette ou grille pour retenir les morceaux.

 

Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock
 

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