Pénurie de main d’œuvre, avenir incertain pour le CITE… Les obstacles à la rénovation sont encore (trop) nombreux ! Vie des sociétés | 21.09.18

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Dans une tribune parue le 11 septembre dernier, Sylvain Bonnot, PDG de Myral, revient sur le lancement du dispositif FAIRE. S’il soutient l’initiative, il estime que les obstacles au plan de rénovation énergétique des logements sont encore nombreux. Il pointe notamment les difficultés de recrutement et le manque de visibilité quant au devenir du CITE. « Nous avons besoin de clarté », estime-t-il.
La campagne FAIRE, lancée par le gouvernement et l’Ademe, vise à mobiliser le plus grand nombre en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments. A l’occasion de son lancement, Arnaud Leroy, président de l’Ademe, a déclaré « Donner envie, donner confiance, ce sont les maîtres mots de cette nouvelle campagne de mobilisation qui mettra en lumière les bénéfices d’une rénovation réussie en termes de confort et d’économies financières ».

La campagne, dirigée dans un premier temps au grand public, s’intéressera dès janvier aux professionnels du bâtiment et de l’immobilier. Si les efforts de communication devraient être à la hauteur des ambitions affichées par le gouvernement, l’initiative va-t-elle convaincre ?

Dans une tribune publiée le 11 septembre dernier, Sylvain Bonnot, PDG de Myral, déclare soutenir le dispositif FAIRE. « Voilà un message positif envoyé alors que, 10 ans après le Grenelle de l’environnement, nous sommes bien loin des objectifs initiaux en terme de rénovation énergétique des logements ».

« Avec ce dispositif FAIRE, les autorités prennent le problème par le bon bout… celui du confort et de la simplicité », souligne-t-il.

M. Bonnot indique en effet que « la demande constante des personnes qui ont le projet de rénover leur logement est la recherche de confort. (…) cela passe bien avant les économies à venir car, justement, les investissements importants en amont peuvent faire peur aux particuliers ».

Autre point positif, « la volonté (logique) de proposer une plateforme web simple qui puisse regrouper toutes les aides ». « Pour que le décollage espéré soit réussi, il faut du concret ! ». Or, « les clients ont aujourd’hui beaucoup de mal à avoir une vision des dispositifs auxquels ils peuvent avoir droit. Tous les acteurs du secteur souffrent d’ailleurs de cette opacité autant dans le pavillonnaire que dans le collectif, en particulier sur le marché de la copropriété ».

Lever les freins à la rénovation

S’agissant des investissements, Sylvain Bonnot explique : « Tous les professionnels sont bien conscients que la rénovation la plus efficace est la rénovation globale, mais dans la réalité, une rénovation globale impose un investissement très important aux propriétaires, et dans bien des cas, les projets n’aboutissent pas. »

« Alors nous attendons que cette nouvelle plateforme FAIRE.fr et les aides associées permettent, au besoin, d’étaler dans le temps ces travaux qui pourraient être effectués corps de métiers par corps de métiers ».

Le PDG de Myral revient également sur la pénurie de main d’œuvre : « Si le boom de la rénovation de l’enveloppe énergétique est bien au rendez-vous, les acteurs du bâtiment pourront-ils suivre la cadence ? Aujourd’hui nous sommes confrontés à de vraies difficultés pour embaucher… faute de candidats ».

Il révèle avoir été obligé de fermer l’une des filiales de rénovation de la marque auprès des particuliers, la société IFIDF (Isolation Façade Ile-de-France). « Et cela uniquement à cause de la difficulté à recruter de la main d’œuvre ou de la sous-traitance. Car les carnets de commende sont pleins mais il est devenu impossible de trouver des poseurs qui réalisent les travaux. Donc s’il y a bien un volet « montée en compétences des artisans pour la rénovation » dans les annonces gouvernementales, il faut surtout qu’il soit couplé à un effort en faveur de la valorisation de ces métiers ».

Sylvain Bonnot se réfère enfin au CITE. Rappelons que le gouvernement a récemment indiqué que le dispositif se maintiendra tel quel en 2019, et ne sera pas transformé en prime. « Tous les professionnels du bâtiment travaillent actuellement sur des projets et qui seront facturés en 2019 et au-delà, et nous n’avons toujours aucune information sur ce que va devenir le CITE au 1er janvier 2019. C’est quand même assez dramatique, de devoir dire à un client qu’on ne peut pas le renseigner ou de devoir naviguer à vue sur l’orientation des grands projets ».

« Pour nous développer, nous avons besoin de clarté, et d’avoir confiance en l’avenir ! », conclut-il.

R.C
Photo de une : ©Myral
Redacteur

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