Pénuries de matières premières : le gouvernement annonce trois mesures

Vie des sociétés | 15.06.21
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Une réunion sur l'approvisionnement en matières premières avait lieu ce mardi 15 juin entre les principales fédérations du BTP et les ministres de l'Economie, du Logement et des PME. Bruno Le Maire a notamment annoncé trois mesures immédiates, à savoir l'envoi d'une circulaire aux acheteurs de l'Etat leur demandant de ne pas appliquer de pénalités de retard, mais aussi la mise en place d'un comité de crise, et d'une médiation de filière.

Bruno Le Maire, Emmanuelle Wargon et Alain Griset organisaient ce mardi 15 juin une réunion avec les principales fédérations du BTP pour trouver des solutions aux problèmes d'approvisionnement et à la hausse des prix des matières premières, qui impactent les entreprises du secteur depuis plusieurs mois.

 

« On constate une explosion du prix des matières premières », a résumé le ministre de l'Economie. Ce dernier a notamment pris l'exemple du prix de la tonne d'acier, passé de 500 à 1 500 euros en quelques mois, et ainsi multiplié par 3. Mais aussi cité le bois de construction, le fer, ou encore le zinc. 

 

« Tout cela pose un problème majeur pour l'ensemble de la filière, qui est confrontée à des difficultés très concrètes. Une petite entreprise du BTP ne trouve pas les matières premières dont elle a besoin, ne peut pas honorer les contrats qu'elle a signés, et elle s'expose à des pénalités de retard, ce qui est profondément injuste, surtout lorsque cette entreprise n'a pas les reins suffisamment solides pour faire face à ces pénalités », a-t-il souligné.

 

Dans ce contexte, le ministre a appelé à une plus grande solidarité entre les différents acteurs, et notamment envers ces TPE et PME du BTP, fortement éprouvées par ces retards de livraison, hausses de prix et pénalités de retard.

 

Suspension des pénalités de retard : « un cas de force de majeure » selon Le Maire

 

Outre ce principe de solidarité, le ministre a annoncé trois mesures, dont l'envoi d'une circulaire aux acheteurs de l'Etat leur demandant de ne pas appliquer les pénalités de retard « en cas de retard dans la livraison des marchés publics en raison de cette pénurie de matières premières ».

 

« Les acheteurs de l'Etat ne doivent pas appliquer de pénalités de retard à des petites entreprises qui auraient des retards dans la livraison parce qu'elles n'auraient pas trouvé le bois de construction ou la ferraille nécessaire. C'est un cas de force majeure », a insisté Bruno Le Maire. « Je demande à l'ensemble des collectivités locales de suivre la même politique et de faire preuve de la même compréhension. Si tout le monde joue le jeu, nous réglerons déjà une partie de la difficulté », a-t-il ajouté.

 

Mise en place d'un comité de crise et d'une médiation de filière

 

Autre mesure prise : la mise en place d'un comité de crise ayant vocation à faire « remonter les comportements anormaux et abusifs ». « Nous nous réservons la possibilité de faire du name and shame en cas de comportement signalé et qui resterait abusif. Je crois que le name and shame est l'un des éléments les plus efficaces pour dénoncer des comportements abusifs », a estimé le ministre de l'Economie.

 

Enfin, Bruno Le Maire a également annoncé la mise en place, dans les semaines à venir, d'une médiation de filière pour « amortir au mieux le choc sur l'ensemble des acteurs de la filière du BTP ». Une clause de revoyure est également prévue pour vérifier l'efficacité de ces premières mesures, et pour étudier les dernières propositions faites par la filière.

 

Interrogée sur la mise en œuvre de la RE2020 et les pénuries de bois de construction, la ministre chargée du Logement Emmanuelle Wargon s'est voulue rassurante : « Au 1er janvier prochain, c'est la partie efficacité énergétique de la consommation bâtiment qui entre en vigueur, et pas la partie cycle de carbone de la construction elle-même (…) Ce qui s'applique au 1er janvier 2022 n'est pas la partie qui a potentiellement un impact sur les besoins en bois ou en bétons bas carbone ».

 

Et de conclure : « L'enjeu aujourd'hui c'est de savoir si cette situation est conjoncturelle ou structurelle. Nous espérons bien que les capacités de production mondiale vont reprendre et que la situation va évoluer ».

 

Claire Lemonnier

Photo de une : C.L.

 

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