Précarité énergétique : toujours plus de 6 millions de Français concernés malgré une certaine amélioration Vie des sociétés | 26.11.18

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Il y a quelques jours, TEKSIAL-CODA Stratégies publiait une étude ô combien pertinente sur la nécessité de favoriser les partenariats public-privé afin d’accélérer la rénovation énergétique des bâtiments dans les collectivités. Le 22 novembre, c’est l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) qui a partagé son tableau de bord 2018. Retour les principaux enseignements de ce document.
Au cœur d’un certain nombre de décisions gouvernementales, la lutte contre la précarité énergétique a encore bien du chemin à parcourir, comme le pointe le dernier tableau de bord de l’ONPE (Observatoire national de la précarité énergétique).

Selon l’organisme, 3,3 millions de ménages, soit 6,7 millions d’individus, étaient en situation de précarité énergétique en 2018. Certes, ce nombre est largement en baisse depuis 2013 (passant de 14,5% à 11,6% de foyers concernés), mais il doit être analysé dans son contexte.

De fait, l’hiver 2013 avait été particulièrement rude, comme le rappelle l’ONPE. « Cet effet conjoncturel lié à la météo mis à part, la baisse aurait été un peu moins marquée, -1,9 point (de 13,8% à 11,9%) au lieu de -2,9 points », explique l’organisme.

Une consommation énergétique en baisse, mais toujours élevée

Par ailleurs, le tableau de bord fait état de difficultés de chauffage qui touchent 15% des ménages. Les 18-44 ans sont tout particulièrement atteints par ce phénomène (23% des cas). Pointée du doigt par 40% des répondants concernés, la mauvaise isolation du logement s’impose comme le premier facteur responsable de la déperdition de chaleur au sein de l’habitat.

Dans ce contexte, rien de ben surprenant à ce que la consommation énergétique du parc résidentiel n’ait que peu diminué au cours de ces dernières années. Atteignant les 207 kWh/m2 en 2007, elle est passée à 194 kWh/m2 trois ans plus tard, et à 182 kWh/m2 en 2016. Les dépenses énergétiques totales des ménages atteignent ainsi la moyenne de 2 829 €, dont 60% sont consacrés au logement.

« En 10 ans, la consommation énergétique du parc résidentiel a diminué de 12%, sous l’effet conjugué de l’amélioration de la performance des logements construits durant la période, de l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements installés (dans le neuf comme en rénovation) et des travaux d’amélioration énergétique engagés », relate l’ONPE.

Des aides plus ou moins pertinentes

Le tableau de bord revient enfin sur les dispositifs financiers nationaux mis à la disposition des ménages souhaitant effectuer des travaux de rénovation énergétique. Si les dossiers engagés Habiter Mieux (Anah) sont toujours plus nombreux (52 268 en 2017, contre 40 724 l’année précédente), le Fonds de solidarité logement, lui, compte de moins en moins de bénéficiaires (157 962 ménages en 2015, après 319 670 deux ans auparavant).

Le chèque énergie, quant à lui, semble avoir convaincu les ménages. Expérimenté dès 2016 dans quatre départements, ce dispositif avait été envoyé à 173 310 foyers en 2016, puis 166 324 l’année suivante. Suite à son déploiement national rendu effectif en janvier dernier, 3,6 millions de ménages ont déjà pu profité du chèque énergie. Face à ce succès, le gouvernement a décidé d’étendre cette initiative à 2,2 millions de bénéficiaires supplémentaires l'an prochain.

Il faudrait cependant débourser 3,1 milliards d’euros pour mettre fin à la précarité énergétique en France, selon l’ONPE. « Nous devons rester vigilants car réussir la transition écologique suppose d’embarquer tout le monde, y compris les plus fragiles », scande Arnaud Leroy, président de l’Observatoire.

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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