Quatre nouvelles pistes pour en finir avec la précarité énergétique Vie des sociétés | 18.06.18

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Xavier Lemoine, maire de Montfermeil et vice-président de la Métropole du Grand Paris, a présenté ce 18 juin les résultats d’une étude menée par l’Institut négaWatt et la SEM Énergies Posit’if portant sur la précarité énergétique. Réclamant des solutions innovantes en faveur de la rénovation des maisons individuelles, le document formule quatre propositions qui permettraient d’atteindre les objectifs fixés par la loi de transition énergétique sur cette thématique.
Afin de lutter contre l’impact énergétique du bâtiment, la loi de transition énergétique pour la croissance verte a fixé à 500 000 le nombre de rénovations à effectuer chaque année à compter de 2017. Une nécessité qui, au-delà de l’aspect environnemental qu’elle représente, répond avant tout à un besoin de confort au sein de l’habitat.

D’après un sondage BVA pour Foncia et la Presse régionale, 2 Français sur 3 déclarent avoir froid chez eux malgré le chauffage. 14 millions d’euros par an seraient d’ailleurs nécessaires pour chauffer comme il se doit les 8 millions de maisons datant d’avant 1975 que compte la France. Pour soutenir ces dépenses, l’État investit chaque année 4,5 milliards d’euros afin d’aider les ménages engagés dans des travaux énergétiques.

Un bilan particulièrement lourd qui pourrait pourtant être réduit si les dispositifs financiers existants étaient optimisés. Or, Xavier Lemoine, maire de Montfermeil et vice-président de la Métropole du Grand Paris, a présenté ce 18 juin les conclusions d’une étude réalisée par l’Institut négaWatt, en partenariat avec la SEM Énergies Posit’if, visant à « résorber la précarité énergétique et rénover les passoires thermiques ».

« Les actions conduites jusqu’à août 2015 étaient, de façon légitime, orientées vers la maximisation de la rentabilité à court terme et vers l’augmentation globale du nombre de travaux énergétiques », rappelle la synthèse du document. « Le nouvel objectif fixé par la loi de transition nous impose de ‘’changer de paradigme’’, de remettre en cause nos pratiques actuelles et de les dépasser pour mettre en place de nouvelles solutions innovantes. »

Des aides financières adaptées pour un meilleur accompagnement des ménages

Justement, quatre propositions ont été formulées par négaWatt et Énergies Posit’if afin de permettre que l’État soutienne « la rénovation complète et performante de plus de 600 000 logements par an ». « Ce rythme permet de tenir l’objectif d’un parc bâti français intégralement rénové à un niveau performant d’ici 2050 », estiment les auteurs de l’étude.

Pour ce faire, il est tout d’abord recommandé de changer de stratégie. En effet, le document rappelle que la quantité n’égale pas la qualité ; de fait, la multiplication des travaux énergétiques ne mène pas forcément à l’aboutissement d’un bâtiment performant à terme. Dans ce sens, plutôt que de proposer de nombreuses aides à la rénovation, l’État devrait, selon l’étude, mettre en place une offre locale « basée notamment sur des ‘’groupements d’artisans’’ locaux, formés sur chantiers réels ».

De manière plus générale, une simplification de l’offre semble plus nécessaire que jamais. En effet, l’étude recense « plus de 15 mécanismes nationaux pour le financement de la rénovation énergétique », auxquels viennent s’ajouter les aides locales. Pour y remédier, il est proposé de créer un unique prêt à bonifier, basé sur le principe du prêt à taux zéro, qui ne nécessiterait qu’un seul dossier à remplir et permettrait des délais de traitement optimisés.

NégaWatt et Énergies Posit’if réclament également un suivi et un contrôle systématiques de la performance des rénovations effectuées, qui pourraient être assurés par un « tiers de confiance qualité ». Celui-ci s’appuierait sur un expert de terrain qui serait chargé de garantir l’équilibre en trésorerie en vérifiant la performance énergétique du bâtiment. Cette opération pourrait être rendue possible « par des tests simples et peu coûteux », d’après les auteurs de l’étude.

Enfin, la quatrième proposition concerne directement l’accompagnement des ménages par un « tiers de confiance de proximité ». Actuellement, ce rôle « est principalement joué (…) par les collectivités locales et leurs partenaires, dans le cadre des Plateformes Territoriales de la Rénovation Énergétique », d’après le document. Cet accompagnement dédié permettrait, en outre, d’aider les particuliers dans leurs démarches et de les orienter vers des travaux de rénovation performants.

Quoiqu’il en soit, « toutes les conditions semblent aujourd’hui réunies pour déployer plus largement ces innovations », notent négaWatt et Énergies Posit’if. Aussi, un appel à la mobilisation a été lancé ce 18 juin pour rassembler les différents acteurs de la rénovation afin qu’une première expérimentation soit menée. D’après l’étude, ce vaste projet permettrait aux ménages de diviser « par 4 à 8 leurs consommations de chauffage ». Une réduction non négligeable qui a de quoi susciter l’intérêt.

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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