Reconfinement : le bâtiment se félicite de la poursuite d'activité Vie des sociétés | 29.10.20

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Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 28 octobre un reconfinement. Dans son discours, il a évoqué le cas des entreprises de BTP, appelées à poursuivre le travail dans le respect des gestes barrières. Les principales fédérations du bâtiment se sont réjouies de cette annonce, avec toutefois des inquiétudes concernant le maintien du chômage partiel pour les entreprises qui seraient en difficultés à cause de cas contacts ou d'annulation de chantiers en raison de craintes de particuliers. Le BTP appelle également à maintenir les délais d'instruction des permis de construire et demandes d'urbanisme pour ne pas immobiliser le secteur.

Le président Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 28 octobre un reconfinement national jusqu'au 1er décembre, avec toutefois plus de souplesses et d'aménagements comparé à la première version très stricte du 16 mars dernier, qui avait laissé de nombreux secteurs dans le flou, et notamment celui du BTP.

 

Fermera, fermera pas ? Chaque entreprise avait alors pris sa propre décision, en tentant de protéger tant bien que mal ses salariés, et sa survie économique. Après quelques jours d'incertitudes, le gouvernement avait finalement tranché : le BTP, secteur primordial de l'économie française, devait reprendre le chemin du travail. 

 

Lors des annonces de ce mercredi 28 octobre, le président a adopté un ton plus neutre, loin du champ lexical belliqueux employé au mois de mars. Il a cette fois-ci d'emblée précisé que les entreprises de BTP pourraient continuer à travailler normalement, tout en respectant les règles sanitaires habituelles.

 

Le gouvernement affiche clairement son objectif : les entreprises du bâtiment doivent continuer de travailler, y compris chez les particuliers – dans le respect des gestes barrières – pour soutenir l'économie et répondre aux besoins de tous les Français.

 

Les chaînes d'approvisionnement en matériaux de construction devraient d'ailleurs rester ouvertes, de même que les déchetteries et centres de tri des déchets, qui font partie des services publics, que le président souhaite laisser ouverts.

 

Pour poursuivre leur activité en toute sécurité, les entreprises du BTP peuvent toujours se référer au guide de préconisations sanitaires publié par l'OPPBTP en avril dernier et régulièrement actualisé, avec une dernière version datant du 22 octobre.

 

Des annonces qui rassurent le secteur du BTP

 

A l'issue du discours d'Emmanuel Macron, Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), s'est exprimé dans une courte vidéo publiée sur Twitter.

 

« Nos entreprises sont disciplinées, sont compétentes quant à l'utilisation du guide de préconisations sanitaires créé avec l'OPPBTP », a-t-il souligné, après s'être réjouit de la poursuite d'activité pour les entreprises du BTP.

 

« Lors de la reprise, le bâtiment a su montrer toutes ses valeurs, et a su entraîner tout le reste de l'économie. Le bâtiment va entraîner le reste de l'économie, je vous le garantis », a-t-il également assuré.

 

Grégory Monod, président du Pôle Habitat FFB (anciennement LCA-FFB), a réagit dans la foulée : « La maîtrise d’ouvrage est aussi prête à relever ce défi collectif ! Pour cela, nécessité de continuité de l’approvisionnement des chantiers en matériaux, d’instructions et de délivrance des autorisations d’urbanisme, et capacité à signer contrats et actes de vente », a-t-il rappelé.

 

Des inquiétudes concernant le maintien du chômage partiel

 

Du côté de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), son président Jean-Christophe Repon s'est également félicité de la poursuite d'activité, mais a également fait part de ses inquiétudes, faisant savoir que le chômage partiel restait tout de même impératif pour certaines entreprises qui pourraient être en difficultés en raison de cas contacts au sein de l'entreprise, ou qui se verraient refuser des chantiers par craintes de particuliers :

 

« Si nous sommes satisfaits que le BTP puisse continuer à travailler, nous demandons néanmoins que nos entreprises, qui subiraient une perte de chiffres d’affaire (du fait d’un refus des clients d’intervenir ou en cas de fermeture de l’entreprise du fait de cas contact), puissent bénéficier du chômage partiel et nos chefs d’entreprises, des aides du fonds de solidarité », a insisté Jean-Christophe Repon.

 

Outre le droit d'accès au chômage partiel, le président de la Capeb a également réclamé le décalage des charges, un allongement des délais pour les marchés publics, ainsi que des délais de dépôt des dossiers de qualification. « Il en va de la survie de nos entreprises et de l’économie française », a-t-il argué.

 

Claire Lemonnier

 

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur

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