Des serruriers-métalliers encore trop exposés aux risques Vie pratique | 28.09.20

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A travers une nouvelle étude, l’Una-SM, l’Iris-st et l’OPPBTP livrent leurs propositions pour améliorer les conditions de travail des serruriers-métalliers. L’enquête, qui se base sur des observations en situation réelle, rend compte des risques auxquels sont quotidiennement exposés les artisans. Parmi les préconisations formulées, une meilleure communication, la valorisation des équipements de prévention et l’évolution nécessaire des matériels mis à disposition.

Il y a quelques jours, un appel à solutions était lancé pour identifier des solutions visant à améliorer le quotidien des serruriers-métalliers. Ces professionnels, fréquemment exposés aux TMS et aux risques chimiques, bénéficient d’un suivi particulier. A travers diverses études, des pistes de progression sont proposées afin de repenser les conditions de travail des artisans, et les accompagner au mieux en matière de santé et de sécurité. La dernière en date ? Celle réalisée par l’OPPBTP, l’UNA-SM et l’Iris-st. 

 

Menée en situation réelle dans trois ateliers, l’enquête met en lumière les difficultés auxquels ils sont confrontés. Pourquoi avoir observé des salariés au sein de leurs entreprises ? Les auteurs de l’étude expliquent : « Les ouvrages de serrurerie-métallerie étant livrés « prêts à installer », l’activité des serruriers-métalliers sur les chantiers est fortement conditionnée par l’organisation de la production en atelier ». 

 

L’observation s’est réalisée sur deux jours dans trois ateliers : 

  • Un atelier de 1 050 m2 dans les Pyrénées-Orientales où le salarié y fabriquait un garde-corps ;
  • Un atelier de 294 m2 dans les Bouches-du-Rhône. Le travail consistait en la fabrication d’un garde-corps d’escaliers et d’un portail ;
  • Un atelier de 796 m2 dans l’Aisne où étaient fabriqués des volutes pour portail et un garde-corps filaire. 

 

Analyser les difficultés

 

Un diagnostic complet a été réalisé. Parmi les observations, des temps de préparation des ouvrages qui tendent à se réduire, une forte co-activité avec une problématique de disponibilité de matériels et donc d’interruption des tâches. Si les entreprises embauchent des apprentis et contribuent ainsi au partage des savoir-faire, l’étude note des manquements au niveau de l’accueil des nouveaux embauchés et des formations. Les installations d’hygiène (local de pause dédié, système de chauffage adéquat, disponibilité d’eau, nettoyage des vêtements) font également partie des points de vigilance. 

 

Concernant l’environnement de travail et des risques associés, l’étude met en avant l’exposition des salariés au bruit, aux vibrations ainsi qu’aux risques chimiques liées aux poussières et fumées, et ce malgré les EPI et EPC. 

 

Bien que les ateliers soient souvent équipés de ponts roulants ou de potences et de chariots élévateurs, les salariés sont amenés à prendre des postures contraignantes et à réaliser des efforts intenses, notamment lors des activités de soudure, de meulage ou de perçage, souligne l’enquête. Enfin, pour ce qui de l’activité mentale et les relations au travail, les retours sont positifs. « Les compagnons font état d’une excellente communication avec leur hiérarchie et d’une entraide générale ». 

 

Améliorer le quotidien

 

L’étude rappelle l’importance de diffuser les bonnes pratiques de prévention. Elle préconise aussi de réaliser une étude de marché pour identifier les dispositifs antibruits, les aspirateurs industriels, le nettoyage de vêtements, l’aspiration des fumées et les machines à dispositifs anti-vibratiles. L’objectif : préciser les performances des produits et vérifier leur disponibilité dans les réseaux de distribution. 

 

Il est également nécessaire de rédiger un cahier des charges des besoins pour encourager l’innovation. Et de tester des systèmes aspirants, des produits anti-projection et des disques à tronçonner, « pour s’assurer de leur adéquation aux besoins des opérateurs ». 


R.C
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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