Légionellose : DLR publie des conseils pour désinfecter les installations sanitaires mobiles

Vie pratique | 28.09.21
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La légionelle et ses pathologies associées tendent à proliférer dans les bases-vie et cabines sanitaires de chantiers. Afin de limiter ces risques, la commission Sanitaires et Unités Mobiles (SUM) de DLR, réunissant les principaux loueurs d’installations sanitaires mobiles dans toute la France, publie une note technique dédiée. Le document propose deux angles d’attaque : la régulation de la température, et l’entretien minutieux des équipements.

Publiée lundi 27 septembre, la note technique de la commission Sanitaires et Unités Mobiles (SUM) de la fédération DLR, met en garde sur les risques liés à la légionelle et liste les mesures de précaution pour les contrer.

Pour rappel, la légionelle est une bactérie qui prolifère dans les eaux mal purgées et à haute température, c’est-à-dire entre 25 et 43°C. La présence de tartre comme de matières organiques et minérales dans l’eau, facilitent également leur développement. L’infection à la légionelle se fait généralement par inhalation de fines gouttelettes contaminées, dont la taille est inférieure à 5 μm. 

En découlent diverses pathologies, dont la légionellose, infection pulmonaire, qui, détectée par analyse d’urine ou PCR et soignée par antibiotiques, n’entraîne aucune suite grave. Toutefois, en l’absence de traitement adapté, elle peut s’aggraver et conduire au décès. 

Prendre garde à la température de l’eau

Afin de prévenir la prolifération de légionelle dans les réservoirs et le réseau de distribution des installations sanitaires mobiles, la fédération DLR liste, dans sa notice technique, diverses recommandations.

Une partie concerne la régulation des températures. En milieu extérieur, les équipements doivent être placés à des points ombragés, et à l’écart des sources de chaleur en intérieur. Pour le stockage de l’eau utilisée pour les douches, notamment dans le ballon d’eau chaude, l’eau devra atteindre au minimum une température de 55°C avant utilisation. Parallèlement, l’INRS préconise que l’eau aux points de puisage soit à 50°C, afin d’éviter le risque de brûlure. Pour ce faire, un mitigeur devra être placé près du dispositif durant la douche.

Au-delà de la notice, DLR encourage les loueurs d’installations mobiles à se référer à un arrêté du 30 novembre 2005. Ce dernier détaille davantage les seuils de température, celle d’eau chaude sanitaire aux points de puisage se limitant à 50°C aux pièces destinées à la toilette, et à 60°C dans les autres pièces. Côté eau distribuée dans les cuisines et les buanderies des établissements recevant du public (ERP-, elle ne devra pas dépasser les 90°C, sur certains points faisant l'objet d'une signalisation particulière.

Dans les 24 heures précédant et pendant l’utilisation des systèmes de production et de distribution d'eau chaude sanitaire, raccordés à des points de puisage à risque, des exigences doivent être respectées. Par exemple, quand le point de mise en distribution et celui de puisage le plus éloigné est supérieur à trois litres, la température doit être de minimum de 50°C sur tout point de distribution, sauf pour les tubes finaux d'alimentation des points de puisage. Sur les premiers, le volume est le plus faible, ne dépassant pas les trois litres. Quand le volume total des équipements de stockage est supérieur ou égal à 400 litres, l’eau contenue, sauf pour les ballons de préchauffage, doit être maintenue à au moins à 55°C à la sortie des équipements. Sinon, il est nécessaire de la porter à température suffisante au moins une fois par 24h.

Entretenir les installations quotidiennement

Éviter la contamination de l’eau à la légionelle passe également par un soin apporté aux installations. Ainsi, sur celles raccordées au réseau d’eau potable, si l’eau est exposée à un réchauffement dû à la saison estivale ou l'ambiance chaude sur le chantier, il faudra, avant une première utilisation, purger le volume d’eau ayant stagné dans le circuit, en plaçant le pommeau de douche dans le bac, afin de ne pas produire des brouillards d’eau. Cela vaut également pour des unités équipées de chauffe-eau instantané́ (gaz ou électrique), afin de purger les conduites, même si ces équipements réduisent le risque de légionellose, grâce à la température élevée produite par le corps de chauffe.

Côté installations autonomes, l’embout et le raccord au réservoir du tuyau de remplissage doivent être désinfectés, tout en évitant que l’extrémité du tuyau ne touche l’eau à l’intérieur du réservoir. L’eau contenue dans celui-ci doit être renouvelée avec de l’eau potable. De plus, il convient d’informer le personnel quand une eau est de qualité douteuse, donc impropre à la consommation.

Après utilisation de l’installation mobile, une vidange des réserves à chaque utilisation est préférable, tout comme la purge des robinets et des systèmes de pompe. Une vidange complète du système est conseillée entre deux locations, voire périodiquement.

La fédération DLR recommande, si possible, de nettoyer avec un détergent un réservoir avant de l’utiliser de nouveau. Quand ce dernier est entartré et que l’eau de qualité douteuse, il faut mécaniquement le laver avec un détergent composé d’un tensioactif, puis rincer et désinfecter avec une solution chlorée, suivi d'un nouveau rinçage. 

D’autre techniques sont mises en avant par la fédération DLR, comme ne pas hésiter à inspecter l’état d’un cumulus apparu (coulures, moisissures, déformation de la paroi extérieure du ballon). Une fois l’état des lieux fait, l’usager devra détartrer, nettoyer ou même remplacer les parois internes, la résistance, la sonde, les pommeaux de douche ou autres pièces infectées.

Il peut être utile, pour une installation raccordée au réseau d’eau, que l’utilisateur enterre le tuyau d’alimentation en eau de manière à garder une température d’alimentation en eau froide en dessous de 25°C. L’usager peut également faire couler l’eau chaude une fois par semaine par les points d’eau (éviers, lavabos, douches), après chaque période d’absence prolongée, comme les vacances d’été ou la pause entre deux chantiers, notamment avant la prise d’une douche.

Niveau traçabilité, des opérations d’entretien des installations d’eau visent à prévenir l’apparition de légionelle et se formaliser avec une étiquette apposée sur le chauffe-eau, mentionnant la date d’intervention. En outre, en cas de suspicion, les analyses de la bactérie doivent être réalisés par des laboratoires qualifiés, listés sur le site www.sante.gouv.fr.

 

Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock

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