Nouveau record d’expulsions locatives selon la Fondation Abbé Pierre Collectivités territoriales | 29.10.19

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Alors que la trêve hivernale approche et sera effective dès ce vendredi 1er novembre, la Fondation Abbé Pierre déplore l’augmentation des expulsions locatives d’années en années, soulignant un nouveau record de « plus de 36 000 personnes expulsées » en 2018. Elle demande donc au gouvernement de mettre en place un « plan d’urgence » d’un budget de 100 millions d’euros pour endiguer le phénomène.

Après son enquête sur le mal-logement en Île-de-France, la Fondation Abbé Pierre alerte sur l’augmentation des expulsions locatives. Selon la fondation, un nouveau record a été atteint en 2018, avec « plus de 36 000 personnes expulsées » pour cette même année, soit une hausse de 2,9 % en un an.

 

Sur les 15 993 ménages expulsés en présence des forces de l'ordre, l’association souligne qu'entre « deux et trois fois plus » de ménages sont réellement expulsés, car beaucoup partent avant l'arrivée des policiers ou des gendarmes.


« On bat des records d'expulsions avec les forces de l'ordre année après année. Ca veut dire que notre manière d'agir n'arrive pas à endiguer ce fléau », constate Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

 

Malgré la mise en place d’un plan de prévention des expulsions par l’Etat, l’association réclame plus de moyens et d’objectifs.

 

« Ce qui manque cruellement, c’est de fixer aux préfets des objectifs concrets de baisse du nombre d’expulsions en bout de chaîne », souligne M. Robert.

 

Un plan d’urgence d’un budget de 100 millions d’euros ?

 

La Fondation réclame ainsi la mise en place d’un « plan d’urgence » estimé à « 100 millions d’euros » pour tripler le budget du fonds d’indemnisation des bailleurs afin de maintenir certains ménages dans leur logement tout en dédommageant le propriétaire.

 

« Ce fonds est passé de 78 millions d’euros en 2005 à 24 millions en 2017 », dénonce M. Robert.

 

Avec ce plan d’urgence, la Fondation propose aussi de doubler les aides distribuées par les départements aux ménages en difficulté via le Fonds de solidarité logement (FSL).

 

Elle se montre par ailleurs critique envers la politique du gouvernement, qui a annoncé en septembre dernier l’accroissement des moyens alloués au programme « Logement d’Abord » pour le logement des sans-abris. « On ne peut pas écoper en permanence les situations difficiles des personnes à la rue, sans intervenir efficacement en amont sur les expulsions locatives », tranche M. Robert.

 

C.L.

Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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