Rénovation des lycées : non consultées, les régions en colère

Le 27 octobre dernier, le gouvernement annonçait que 5 milliards d’euros seraient consacrés à la rénovation du bâti scolaire pour répondre au mouvement lycéen et étudiant.
Une liste de 200 lycées prioritaires publiée sans concertation
Une semaine plus tard, le ministère de l’Éducation nationale publiait une liste de 200 lycées à rénover en priorité, sans aucune concertation avec les présidents de régions, qui ont dénoncé la méthode et « un exercice de communication démagogique », dans un courrier adressé à Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
« Votre cabinet nous a envoyé le lundi 2 novembre 2026 à 15h48 par messagerie électronique un message annonçant la transmission d'une liste de 200 lycées relative au bâti scolaire. Deux heures plus tard, le site Ouest-France (...) publiait cette liste élaborée par vos services, sans qu'à aucun moment les régions n'aient été sollicitées pour en vérifier toute la pertinence. Cette méthode n'est pas acceptable », dénoncent les présidents de régions dans ce courrier daté du 5 novembre.
Des erreurs factuelles et des établissements déjà rénovés
Selon eux, cette liste ne serait pas adaptée à la réalité des besoins.
« Des vérifications élémentaires vous auraient permis de détecter dans cette liste des lycées complètement rénovés (comme en Martinique) ou qui ont même reçu récemment un prix d'architecture (comme à Sartrouville) », soulignent-ils.
Par ailleurs, ils affirment que le document comporte « de graves erreurs factuelles » concernant le nombre de lycées dans chaque région.
« Que l'État s'occupe de ses compétences, et qu'il laisse les régions gérer les leurs», poursuivent les signataires, disant « refuser catégoriquement tout projet d'observatoire national du bâti scolaire ».
En plein examen du projet de loi de finances 2027 (PLF 2027), les régions critiquent également le prélèvement « de plus d’un milliard d’euros » prévu pour les collectivités régionales. Ils évaluent à 2,7 milliards d’euros le montant cumulé des prélèvements sur les trois dernières années, soit « la somme que les régions consacrent chaque année à l’investissement dans les lycées ».
Enfin, selon eux, l’enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts sur quatre ans « ne constitue pas une proposition à la hauteur des enjeux » et ils estiment que cette option revient à « une fuite en avant dans l'endettement ».
avec AFP
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