En 2026, « un contexte exigeant pour la construction métallique »
Publié le 17 février 2026 à 16h00, mis à jour le 17 février 2026 à 17h35, par Virginie Kroun

« Ralentissement des marchés, incertitudes réglementaires et tensions sur les investissements, les entreprises tricolores de la construction métallique évoluent dans un environnement contraint et parfois instable», observe Emmanuel de Laage, président du Syndicat français de la construction métallique de France (SCMF), qui nous avait déjà confié une prudence concernant les tensions douanières américaines, en avril dernier.
« 2026 s’ouvre dans un contexte exigeant pour la construction métallique française », poursuit M. de Laage.
Le bâtiment industriel pèse encore dans la balance
En témoigne l’activité de ses adhérents, qui se tasse avec -3,69 % en valeur. Pareil côté volume : entre 740 000 et 760 000 tonnes ont été mises en œuvre, contre 773 365 en 2024. Des résultats proches des prédictions exposées un an auparavant.

« Précisons que, parallèlement, les activités des constructeurs métalliques français ne se cantonnent pas au territoire national mais s’exportent toujours aussi bien avec 5 à 10 % du CA total effectué hors frontières hexagonales», lit-on dans la note de conjoncture.
Sans surprise, le bâtiment industriel concentre toujours la majorité de l’activité des constructeurs métalliques. Après 60,65 % en 2024, elle s’élève à 60,65 % du tonnage mis œuvre en 2025. Viennent après les autres ouvrages – notamment photovoltaïques – (12,76 %, après 12,41 % en 2024) et les bâtiments agricoles, silos et trémies (11,02 %, vs 11,95 %).

Légère croissance dans le segment autres bâtiments – commerciaux, sportifs, sociaux, enseignements, hôpitaux et établissements santé, logements – progressant de 7,03 % à 9,43 %. L’activité Pylônes observe +1,95 % (+1,88 en 2024). À l’inverse, les ponts et passerelles tombent de 6,09 % à 4,67 %.
Le taux d’activité progresse
Si des rebonds d’activité ont été constatés en février-mars et de juillet à octobre, le tonnage mensuel des commandes reçues s’inscrit généralement à la baisse. Notamment comparé au pic de juillet 2024 (plus de 30 000 tonnes).
Dans le détail, le tonnage de commandes décroche de 10 % sur septembre-novembre 2025, comparé à la période 2024. Hors ouvrages d’art et exportations, l’évolution décembre 2024/novembre 2025 est à -7,3 %. « Le SCMF analyse cette baisse par plusieurs facteurs : un climat d’investissement difficile, une prudence des investisseurs et des prises de décisions qui s’allongent », est-il analysé dans la note de conjoncture.

Côté productivité - mesurée en tonnage par personne -, l’indice monte à 56,89 en 2024. « Les adhérents du SCMF, majoritairement PME et ETI familiales, sont reconnus pour investir régulièrement dans leurs outils de production et revendiquer une optimisation en continu de leurs process pour tendre à des unités 4.0 », commente le SCMF.

Le taux d’activité – c’est-à-dire l’utilisation des capacités de productions – est à 76,60 % (+1,95 point) au quatrième trimestre 2025. « Rappelons que proche des 80 %, il reflète les investissements industriels soutenus, synonymes de chantiers (extensions, nouvelles unités de production) pour les constructeurs métalliques français », souligne le syndicat. Une embellie due à l’automatisation et à la réorganisation d’ateliers, d’après les analyses.

Pas de précision concernant la main d’œuvre, les données 2025 ne seront précisées qu’à l’issue du 1er trimestre 2026. Celles de 2024 dessinent une hausse de 1,40 % hors intérimaires et de 0,96 % avec intérimaires. « Si le nombre de cadres et d’ETAM se veut stable, celui des intérimaires a baissé de- 7,58 % en 2024 (par rapport à 2023). Quant à la catégorie des ouvriers chantiers, elle gagne + 2 % et celle des ouvriers ateliers progresse de + 2,48 % », détaille le SCMF.
140 ans célébrés en 2026
2026 marqué également les 140 ans du SCMF. « Cet anniversaire ne constitue pas seulement un temps de commémoration. Il est avant tout l’occasion d’affirmer une vision : celle d’une construction métallique au cœur de la transition écologique, de la souveraineté industrielle, de l’attractivité des métiers et de la transformation des territoires, pleinement alignée avec les défis contemporains », affirme son directeur général Hervé Gastaud.
Des enjeux célébrés et concrétisés sous la bannière « Génération Métal », un programme comprenant le congrès annuel du syndicat à Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. Adhérents mais aussi « exceptionnellement » la maîtrise d’œuvre, représentants et partenaires de la construction métallique seront conviés au rendez-vous.
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