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Inondations : comment la France adapte ses politiques d'aménagement urbain

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Publié le 17 février 2026 à 16h35, mis à jour le 17 février 2026 à 17h22, par Raphaël Barrou


Avec plusieurs départements régulièrement placés en vigilance orange pour crues et inondations par Météo France, l'Hexagone tente de mieux anticiper les risques, notamment en adaptant ses politiques d'urbanisme.
© Adobe Stock
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Alors que la tempête Nils secoue l'Hexagone, la question de l'adaptation des villes aux conséquences du changement climatique, et notamment aux inondations, revient au centre des débats. 

Dans un guide publié en novembre 2024, au moment où le Nord de la France est confronté à de violentes inondations, le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) estimait qu'il existe « un changement de paradigme : on ne cherche pas à « lutter contre » mais à « vivre avec » l'eau »

Selon ce même guide, le risque d'inondation est le premier risque naturel par l'importance des dommages qu'il cause (près de 25 milliards d'euros entre 1982 et 2022).

Mais c'est le manque de conscience d'être concerné par le risque d'inondation qui inquiète le Cerema. Près des deux tiers des 18 millions de Français résidents dans des communes concernées ne sont pas informés du danger qui les guette. 

L'organisme public cite en exemple la communauté urbaine de Dunkerque Grand Littoral, un territoire où « l'eau est omniprésente » qui a appliqué « une politique de gestion intégrée des eaux pluviales et une stratégie globale et concertée de gestion des eaux de surface »

Le Cerema mettait aussi en avant son accompagnement auprès de la métropole de Grenoble, exposée aux risques d'inondation de plaine et de montagne. Ce travail ayant débouché sur un guide d'accompagnement des décisions architecturales et d'urbanisme.

124 territoires à risque d'inondation important en France

 

Au niveau du ministère de la Transition écologique, souligne l'existence d'une « directive inondation ». Adoptée en 2007 au niveau européen, elle demande aux 27 États membres de mettre en œuvre des politiques publiques de gestion des risques d'inondations. 

Depuis, celle-ci a été transposée au niveau français avec l'identification de 14 districts hydrographiques (principaux fleuves, cours d'eau et côtes du pays).

Des évaluations préliminaires des risques d'inondation (EPRI) ont ensuite été effectuées, ce qui a permis d'identifier 124 territoires à risque d'inondation important (TRI). Des territoires qui doivent faire l'objet d'une attention toute particulière de la part des services publics. 

©ministère de la Transition écologique

À l'échelle très locale, le plan de prévention des risques d'inondation (PPRi) permet par exemple de ne pas augmenter la population dans une zone inondable pour ne pas aggraver les risques.

Il peut donc règlementer la possibilité de construire dans des zones exposées à ces risques. Les PPRi permettent aux élus locaux de connaitre pour chaque quartier le potentiel de montée de l'eau sur une crue centennale. 

La question de la gestion des cours d'eau au centre du débat

 

Malgré toutes ces indications, il est parfois difficile de déterminer les causes exactes des crues, ce qui rend difficile l'estimation du rôle de l'aménagement urbain dans leur prévention. 

Luc Aquilina, professeur de l'université de Rennes, et Pierre Brigode, maître de conférences à l'ENS Rennes, l'expliquent dans un article publié par nos confrères de The Conversation France. Cependant, ces deux spécialistes confirment que l'imperméabilisation des sols peut jouer un rôle ou que la couverture de petits cours d'eau peut aggraver des situations localement, notamment en zones périurbaines. 

Les chercheurs semblent déplorer que la restauration de l'état naturel des cours d'eau en zone rurale soit remise en question « en particulier à droite ». Ils rappellent que le fait d'accorder plus d'espace aux rivières, « bien que cela exige de concéder des terres agricoles aux milieux naturels », permet de ralentir les flux, ce qui limite les inondations. 

Mais, en prenant l'exemple des inondations de l'automne 2024 à Valence, ils estiment « secondaire » l'influence de l'aménagement sur l'écoulement de l'eau car la catastrophe serait avant tout causée par les volumes de pluie. 

Un rôle de l'urbanisme qui devrait toutefois avoir de plus en plus d'importance dans les années futures. Selon les deux chercheurs, les crues décennales augmenteront de 10 à 40 % pour deux degrés de réchauffement et de plus de 40 % pour les crues centennales. 

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Raphaël Barrou
Journaliste - Batiweb

Raphaël Barrou est journaliste à la rédaction de Batiweb. Passionné par le monde du bâtiment et de l’immobilier, il s’intéresse en particulier aux actualités de travaux de rénovation et à l’avenir du secteur de la construction concernant l’utilisation de l’IA et de la robotique.

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