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À Écuisses, 17 maisons passives construites avec des structures bois et PSE

Publié le 16 septembre 2026 à 8h25, mis à jour le 16 septembre 2026 à 9h51, par Virginie Kroun

La résistance mécanique du PSE est de nouveau éprouvée sur Le Verger de Bondilly, à Écuisses, en Bourgogne du Sud. Le chantier de maisons individuelles, géré par Home Sapiens, recourt à une structure héritée de PopUp House et fourni par Hirsch Isolation.
Rudy Dall'Acqua en train de fixer des blocs PSE de Hirsch Isolation sur une des maisons du Verger de Bondilly ©Virginie Kroun - Batiweb
Rudy Dall'Acqua en train de fixer des blocs PSE de Hirsch Isolation sur une des maisons du Verger de Bondilly ©Virginie Kroun

La plénitude plane sur le visage d'Aymeric Fuchet, alors qu'il serpente en voiture les routes du Creusot-Montceau (Saône-et-Loire). Un cadre qui tranche avec son quotidien frénétique d'ancien cadre dans l'électronique, rythmé par de continuels déplacements à l'étranger.

Mais c'était jusqu'à ce qu'une envie le gagne : celle du calme et de renouer avec la terre bourguignonne qui l'a vu grandir, non seulement lui, mais aussi son projet Le Verger de Bondilly, à Écuisses. Un chantier façonné au gré des rencontres. D'abord quand il devient voisin de Corentin Thiercelin, ingénieur et entrepreneur français, fondateur la start-up PopUp House.

L'expertise PopUp reprise par Home Sapiens

 

PopUp a réalisé environ 700 maisons passives entre 2012 et 2022. Le principe : renoncer aux structures béton, remplacées par des blocs de polystyrène expansé (PSE), sur le sol, les murs comme les plafonds. Des éléments fixés dans un cadre, constitué de lisses hautes et lisses basses en lamibois, grâce à des vis de 600 mm de longueur, brevetées par PopUp House.

Malheureusement, la crise post-pandémie a eu raison de l'activité de Corentin Thiercelin, qui cesse en juin 2023. « Avec le Covid, les taux d'intérêt remontent et il commençait à financer sur fonds personnels beaucoup d'argent », nous explique Aymeric Fuchet. Ce dernier reprend le concept au printemps 2025, sous l'étendard de sa société Home Sapiens, dont il est le président. 

Le Verger de Bondilly à Écuisses en est la première réalisation, établi sur un site à la fois pavillonnaire et rural. Depuis le début des travaux à fin avril, une première maison a été achevée, tandis que l'équivalent de 1 100 m² de surface ont été terminées en trois mois et demi. D'ici la commercialisation prévue mi-novembre, 17 logements, avec huit T1, quatre T3, trois T4 et deux T5, seront érigés. 

 

Lorsque l'on visite le chantier début septembre, sept maisons sont près d'être terminées sur la partie gros oeuvre. Celles-ci ont été conçues selon le modèle V2.1 de PopUp, dont la structure à ossature bois et PSE est surmontée d'un panneau en bois OSB (Oriented Strand Board, aussi appelées panneaux de lamelles minces orientées).

 

Comme le panneau PSE a des effets vibratoires, les versions ultérieures V2.2 intègrent à la place de l'OSB des panneaux Fermacell, en fibre-hypse, pour se prémunir face au contreventement. Niveau résistance mécanique, la technique constructive peut aller jusqu'au R+1, afin d'éviter des problématiques de contreventement. Les maisons de Home Sapiens demeurent plain-pied pour limiter le risque et devenir accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR).

 

Le PSE de Hirsch de nouveau éprouvé comme élément structurel

 

Le Verger de Bondilly a servi de phase d'incubation de 18 mois pour « construire de la compétence locale avec des monteurs locaux » et peaufiner le système constructif, indique Aymeric Fuchet. 

« Au-delà de la location meublée pour une cible de clientèle bien particulière, le système constructif est disponible à tout un chacun, notamment aux primo-accédants qui veulent s'investir dans la construction de leur maison. Donc selon le temps que l'autoconstructeur dédiera, on assistera dans le séquençage de la matière, les murs, dans la planification de son projet », nous expose le président de Home Sapiens.

Au total, entre cinq et six personnes travaillent sur le chantier Le Verger de Bondilly. Parmi eux, trois professionnels, dont Rudy Dall'Acqua, chef de l'entreprise H2O Home, en Haute-Savoie. Sa présence à Écuisses a aidé Aymeric Fuchet à apprendre le métier de constructeur de maisons individuelles (CMI). « Cela fait un an que j'essaie d'apprendre ! », confie ce dernier, entre humilité et coeur à l'ouvrage. On compte aussi deux à trois aspirants auto-constructeurs. L'un d'eux se prépare d'ailleurs en vue d'un prochain projet résidentiel, 200 mètres plus loin, parmi la vingtaine de parcelles du Bois-Gendarme. Acquises par Home Sapiens, elles sont à construire dès juin 2027. 

 

L'avantage de travailler avec des blocs PSE, c'est sa vitesse d'application en élément structurel. D'après les estimations de M. Dall'Acqua, 1 m2 de structure se monte en une heure en moyenne. Le poids du panneau PSE n'y est pas pour rien, facilitant la manutention. « En une heure, vous amenez une palette d'agglo, vous installez la bétonnière, et puis vous commencez à brasser », compare le CMIste. La rencontre entre Hirsch Isolation et Aymeric Fuchet a conforté Home Sapiens de miser sur ses solutions Stisol bardage ECA et Maxisol ECA pour Le Verger de Bondilly. 

Cela fait plusieurs chantiers que le fabricant veut montrer la résistance mécanique du PSE et son intérêt dans des applications structurelles . En témoigne la gare de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où une gamme de la marque a servi pour le remblai au niveau du tunnel traversé par la ligne 14 du métro francilien. « Selon les applications, on commence à 50 kPa de résistance mécanique jusqu'à 250 », mentionne Amaury Omnès, directeur général de Hirsch Isolation. 

Pour les fondations, les blocs PSE tiennent grâce au sol granitique, constitué d'une base de 20 cm de cailloux de 0/80 mm, puis 5 cm de cailloux de 0/8 mm. Le tout est auto-nivelant, comme un chemin de fer, un niveau laser vérifie la planéité, avec un seuil de tolérance d'un centimètre.

 

Mais surtout, en vertu des principes de PopUp House, Home Sapiens voulait respecter la vision d'une « maison autonome, démontable et complètement circulaire ». Si choisir le PSE, généralement issu de la pétrochimie, a paru pertinent pour le promoteur, c'est parce que Hirsch Isolation propose sa version en Empreinte Carbone Améliorée (ECA), réduite de 60 % par rapport à un PSE classique. Pourquoi ? Il intègre dans sa production 15 % de polystyrène recyclé et les 2 % de naphta vierge, mélés aux 98 % d'air du PSE, viennent de la biomasse végétale (plus précisément de déchets alimentaires et forestiers européens). Ce concept de « mass balance», a été validé par la Commission européenne mais rencontre quelques résistances au regard des normes environnementales françaises. Malgré des Fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) et une reconnaissance de la méthode en Allemagne ou en Italie. 

« La fondation Ellen MacArthur, qui n'est pas la grande amie du plastique, dans son livre blanc, elle a mis en avant la méthode mass-balance pour dire que c'est habituellement le bon moyen de réduire l'empreinte carbone et d'améliorer la circularité des plastiques », appuie Amaury Omnès. 

 

Un projet résidentiel pour la revitalisation du territoire

 

À l'échelle du projet Le Verger de Bondilly, le bilan carbone sera divisé par 12, affichant une IC construction d'environ 50 kgCO₂e/m², selon une étude en cours de validation. D'autant que sur le chantier, les chutes de PSE sont broyées sous forme de billes, réutilisées pour la fabrication de mobilier (poufs en toile recyclée, etc.).

Programmé entre fin octobre et début novembre, le second-oeuvre prévoit des ballons d'eau chaude intelligents Thermor (de 60 à 120 L) chauffant l'eau à la demande, des panneaux solaires (3 kWc) et une batterie de stockage (10 kWh) sur toutes les maisons (pour 75 % d'autoconsommation solaire), des pompes à chaleur air-air de très faible puissance et une ventilation simple flux EcoWatt. Des équipements jugés suffisants par le promoteur, grâce à l'excellente isolation du bâtiment. La résistance thermique de l'enveloppe est estimée à 8. 

Écuisses est traversée par ses 7 écluses, tandis que Le Verger de Bondilly bénéficie d'un système de descente des eaux usées et pluviales. De quoi faciliter les travaux de voirie-réseaux divers (VRD) prévus à la mi-octobre, en même temps que l'aménagement paysager. 50 000 litres d'eaux pluviales sont stockés dans des cuves viticoles réutilisées et serviront à l'arrosage des jardins, des vignes, des 150 arbres plantés, et des toits végétalisés sur ce terrain bucolique, d'ailleurs racheté à Hubert Gauthier, éleveur de bovins (et connu pour son passage en 2007 dans l'émission L'Amour est dans le pré). Pour davantage de convivialité, d'autres espaces partagés (terrain de pétanque, braséro, zone de lecture...) seront aménagés.

 

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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