Démission de Nicolas Hulot : le Plan de rénovation en danger ?

Développement durable | 28.08.18
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L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Ce 28 août à 8h20, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot était l’invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé, sur France Inter. Visiblement découragé, l’ancien journaliste n’a pas mâché ses mots, faisant part d’une « décision douloureuse » qu’il n’avait évoquée ni avec le Président, ni avec le Premier Ministre : sa démission pure et simple. Une démarche commentée le jour même par les grands syndicats du BTP.
Il avait été nommé ministre de la Transition écologique et solidaire le 17 mai 2017. Au micro de France Inter, ce 28 août, c’est avec son franc-parler naturel que Nicolas Hulot a annoncé sa « décision de quitter le gouvernement » à la surprise générale.

Visiblement déçu, voire triste, du manque d’actions mises en œuvre depuis sa prise de fonction, l’ancien journaliste a donc pris de court Emmanuel Macron et Edouard Philippe, qui, comme tous les Français, « ont appris [cette décision] en direct ce matin ».

« Je sais que ce n’est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être qu’ils m’en auraient, une fois encore, dissuadé. Mais c’est une décision entre moi et moi. Et je ne veux pas me mentir », a fait savoir Nicolas Hulot.

La FFB et la Capeb alertent le gouvernement

Si cette annonce a bien entendu provoqué le tollé auquel on pouvait s’attendre, chacun y allant de son commentaire, la Fédération française du bâtiment (FFB), elle, s’est empressée de se mettre « à la disposition des deux secrétaires d’État », Sébastien Lecornu et Brune Poirson, appelés à remplacer le ministre démissionnaire.

L’objectif affiché par l’organisme : faire en sorte « que le Plan de rénovation des bâtiments soit finalisé et débouche, au plus vite, sur l’engagement d’un important volume de travaux véritablement efficaces ». De fait, la FFB n’oublie pas les grands enjeux induits par ce vaste programme présenté en avril dernier.

« Cette démarche est indispensable pour que la France puisse tenir ses engagements pris lors de la COP21. Elle implique des moyens à la hauteur des ambitions, en particulier à travers une politique volontariste et pérenne d’incitations financières aux travaux de performance énergétique et environnementale, en faveur du logement comme du non résidentiel », écrit l’organisme professionnel dans un communiqué envoyé ce 28 août.

Même son de cloche du côté de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), qui a adressé un message clair et bref sur son compte Twitter : « Le départ de Nicolas Hulot ne doit pas remettre en cause les engagements du gouvernement en matière de rénovation énergétique, enjeu majeur pour lequel les artisans du bâtiment continueront de se mobiliser. »

F.C
Photo de Une : @N_Hulot (Twitter)
Redacteur
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