La rénovation énergétique, c'est l'affaire de tous !

Développement durable | 08.04.21
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L’association Amorce organisait, les 7 et 8 avril, les 2e Rencontres des collectivités pour la rénovation énergétique. L’événement a permis de faire un point sur l’actualité réglementaire et de se questionner sur les mécanismes à activer pour accélérer les travaux, et mobiliser l’ensemble des acteurs, professionnels et particuliers. Nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur la partie dédiée aux artisans du bâtiment, et à leur rôle dans la dynamique de massification souhaitée.

En introduction des Deuxièmes Rencontres des Collectivités pour la rénovation énergétique, Gilles Vincent, Président d’Amorce, s’est félicité de l’organisation de ce colloque qui s’inscrit « dans un moment particulier » de l’association « qui n’a jamais été aussi proche d’atteindre les 1000 adhérents ». « Nous étions 998 la semaine dernière. Au-delà de ce caractère symbolique, ce chiffre dit quelque chose de la représentativité de notre réseau, composé principalement d’élus et de leurs partenaires locaux ».

Organisé sur deux jours, l’événement a permis de revenir sur les enjeux de rénovation énergétique des logements et des bâtiments tertiaires, parmi lesquels les bâtiments publics qui génèrent « à eux seuls, 78% des dépenses énergétiques des collectivités territoriales », soit 5% du budget des communes. « L’efficacité énergétique est au carrefour des préoccupations énergétique, économique et sociale ». Les collectivités ont un rôle « pivot » à jouer pour « massifier les rénovations et accompagner les particuliers dans leur démarche », a-t-il estimé.

Des outils pour accompagner les collectivités

Gilles Vincent a rappelé les actions menées par l’association pour accompagner les territoires. Il a cité deux outils : E-Sherpa, un simulateur lancé en septembre 2020 qui permet de dresser, en quelques minutes, un état des lieux de la consommation énergétique d’une commune, d’identifier les bâtiments les plus énergivores et de chiffrer les opérations de rénovation après évaluation des aides disponibles, DSIL et CEE notamment. Et l’expérimentation Pacte – 15% proposée en 2018 dont le but est de diminuer la précarité énergétique (en renforçant le repérage des ménages vivant dans des passoires thermiques via la mise en place de visites à domicile), et de former des groupements pour la réalisation de travaux « standardisés ».

« Amorce défend depuis plusieurs années le déploiement et la généralisation d’un véritable service public de l’efficacité énergétique des bâtiments et de l’habitat avec des moyens et des financements sous le pilotage des collectivités », a-t-il insisté. En ce sens, l’association estime que le projet de loi 4D devrait être l’occasion de replacer les collectivités au cœur de l’ambition nationale de rénovation énergétique.

Se référant enfin au Plan de relance et aux 6,7 mds d’euros consacrés à la rénovation, il a salué « l’engagement de l’État. Néanmoins, c’est la répartition de l’enveloppe et la pérennisation à long terme de ces moyens qui détermineront si la réponse financière a été à la hauteur des enjeux ». Les contrats de relance et de transition écologique « doivent permettre » la mise en place de politiques énergétiques « territoriales et ambitieuses ». Amorce « entend jouer pleinement son rôle d’accompagnateur pour que ces CTRE portent une vraie ambition énergétique et environnementale et ne soit pas réduit à un simple guichet de financement ».

Une politique de rénovation co-construite

Invitée à faire un point sur les avancées réglementaires (RE2020, Décret Tertiaire, CEE…), Anne-Lise Deloron, coordinatrice interministérielle du plan de rénovation énergétique des bâtiments, a souligné : « Nous sommes dans une politique qui n’est plus la seule affaire de l’État, mais qui est vraiment l’affaire de la société avec un enjeu qui est de faire basculer cette problématique et cette envie de rénover dans tous les foyers français ». Elle a profité de son intervention pour féliciter le travail mené par le CSCEE, « une des institutions qui est montée en puissance ces dernières années (…) et qui, avec d’autres instances comme le Plan Bâtiment Durable, a vraiment cherché à associer les parties prenantes dans la construction des politiques publiques ». L’enjeu de la rénovation énergétique « doit se mener de manière partenariale, de manière collégiale, et j’ose le dire, de manière conjointe ».

Cette co-construction est en cours dans les territoires dans le cadre du programme SARE qui bénéficie d’une enveloppe (CEE) de 200 millions d’euros d’ici fin 2023, a expliqué Olivier David, en charge du Service du Climat et de l’efficacité énergétique, à la Direction générale de l’énergie et du Climat (Ministère de la Transition écologique). L’idée est de « booster » ce qui était fait jusqu’à présent dans les espaces FAIRE où le nombre de personnes reçues a déjà été multiplié par 5 entre 2019 et 2021.

Au-delà de l’accompagnement des ménages, le programme vise aussi à créer une dynamique territoriale de la rénovation où des artisans locaux seraient mis à contribution, des artisans capables de travailler ensemble, de former des groupements pour mener des rénovations globales. Olivier David s’est référé à la création d’un « triangle magique » qui fasse le lien entre les ménages, les artisans et les espaces FAIRE.

L'artisan, premier référent des particuliers

Alain Chouguiat, Directeur des affaires économiques – Capeb, a expliqué : « L’entreprise artisanale, c’est une unité économique locale avec des ressources, des compétences qui peuvent être une solution pour les rénovations qui sont diffuses pour la plupart. La rénovation de l’ensemble des logements du pays, ce n’est pas une industrialisation au sens propre du terme. Nous sommes dans l’idée de dire que c’est en multipliant les actions de chacune de ces entreprises qui font du sur-mesure que nous aurons la massification ».

Concernant les rénovations globales, les artisans doivent pouvoir travailler ensemble, et ce, « même s’ils ne sont pas sur le chantier au même moment, puisqu’on sait bien que la performance énergétique, c’est l’interface des gestes ». « Cette notion de transversalité entre les métiers a beaucoup évolué » grâce notamment aux formations FEEBAT, a indiqué M. Chouguiat, et « a ouvert les horizons en matière de conseil des artisans ».

Les artisans ont ainsi un rôle important à jouer pour activer les projets. Pour les accompagner et faciliter leur quotidien, Olivier David a annoncé le lancement prochain d’un nouveau programme baptisé Oscar. Il fait suite à un groupe de travail mené en 2020 sur la simplification du parcours artisan dans le dispositif des CEE. « Nous espérons le lancer à l’été. L’idée est à la fois de pouvoir mettre en place des outils directement pour les artisans, de dématérialisation complète des process. Ce qu’on souhaite faire, c’est donner à chaque artisan une tablette avec des programmes informatiques pour pouvoir les aider dans l’élaboration des devis, la demande de CEE, etc. Et aussi créer une sorte de hotline et d’aide aux artisans au plus près du terrain ». Un projet auquel ont été « étroitement » associées la Capeb et la FFB.

Rose Colombel
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur
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