Le label LCBI, ou la quête d'un référentiel bas carbone en Europe

Venir au salon de l'immobilier bas carbone était une évidence pour l'association Low Carbon Building Initiative (LCBI), membre de l'association Bâtiment Bas Carbone, co-organisateur de l'événement.
« C'est un moment collectif, c'est un moment où la filière (promoteurs, architectes, bureaux d'études) se réunit et montre qu'on bouge ensemble vers le bas carbone», se réjouit sa directrice Cécile Dap.
La RE2020, une réglementation « rigoureuse » et « unique » en Europe
Si BBCA œuvre pour un référentiel français de l'immobilier bas carbone, LBCI agit à l'échelle européenne. « En France, la réglementation immobilière, en particulier la RE2020, impose à tous les acteurs de l'immobilier de mesurer et de diminuer l'empreinte carbone de leurs actifs », rappelle Cécile Dap. « Cette réglementation est vraiment assez rigoureuse et vraiment unique en Europe », estime-t-elle.
Pour ce qui est des voisins européens, la directrice de LBCI nous rapporte des exigences dans les pays nordiques ou aux Pays-Bas, mais avec des mesures différentes.
Mais face à l'Energy Performance Building Directive (EPBD), l'immobilier bas carbone doit s'étendre à travers l'UE. Elle rend obligatoire le calcul du potentiel de réchauffement planétaire sur tout le cycle de vie du bâtiment et son affichage dans le certificat de performance énergétique. L'obligation s'applique au 1er janvier 2028 pour les bâtiments neufs de plus de 1 000 m2. « À partir de 2030, tous les bâtiments neufs vont être obligés légalement de mesurer l'empreinte carbone de leurs actifs », souligne Mme Dap.
Créer des référentiels bas carbone à l'échelle européenne
Mais quelle est la mission de l'association LBCI en ce sens ? « Notre rôle ne va pas être directement d'évangéliser un État. Ce qu'on va faire en fait, c'est créer des méthodes de mesure de l'empreinte carbone et de labellisation, valoriser, récompenser et surtout être capable d'attester qu'un bâtiment est bas carbone à l'échelle européenne », nous répond Cécile Dap.
Les labels LCBI sont déjà présents en France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Pays-Bas, au Benelux, en République tchèque, en Pologne voire même au Royaume-Uni. Des développements sont en cours au Portugal.
« L'enjeu va plutôt être d'identifier dans chacun des pays un acteur qui veut tester la méthode, pour la faire évoluer », expose la directrice de l'association. Cela concerne-t-il les territoires ultramarins ? « Nous sommes disponibles dans ces territoires où il n'y a pas eu de demande. Effectivement je pense qu'il y aurait des sujets à voir, surtout sur la partie mix énergétique pour être dans les clous », nous indique Mme Dap.
Bureaux, hôtels, logements... Le spectre du label LBCI couvre une diversité d'univers bâtiment. Comme BBCA, l'association s'ouvre à la rénovation et a récemment lancé un label pour les bâtiments logistiques. « C'est un nouveau secteur qui est hyper dynamique, qui est quand même assez carboné », commente à ce sujet Cécile Dap.
Convaincre les institutions de l'UE
« Notre autre sujet est d'aller convaincre », confie Cécile Dap. D'où les contacts entretenus avec la Commission européenne, afin d'« élaborer des méthodes de mesure du carbone exigeantes et cohérentes ».
Certains seuils fixés peuvent être toutefois modulables selon les pays. « Le seuil sur la partie carbone embarquée, liée aux matériaux, va être le même dans toute l'Europe. Sur la partie consommation énergétique, les seuils vont être différents d'un pays à l'autre, car le mix énergétique de chaque pays est différent », nous décrypte Mme Dap.
Certains seuils fixés par LBCI se concordent, comme les bureaux et logements neufs, qui vont du plus accessible (1 000 kg CO2/m2) pour encourager l'adhésion, au label au plus exigeant (650 à 700 kg CO2/m2).
À une époque où le bas carbone peut être vu comme une perte de confort pour les occupants d'un bâtiment, la directrice de l'association réfute cette idée : « Les actifs qu'on a labellisés, honnêtement, sont beaux et stables. Il y a peut-être plus de contraintes, mais parmi ceux que j'ai visités et qu'on a eu l'occasion de labelliser BBCA et LCBI, cet enjeu a été justement pris en compte par les architectes. C'est un peu une contrainte créative, qui permet d'avoir des logements habitables.»
Des enjeux de confort thermiques qu'ont éprouvé la France et l'Europe au cours de l'été 2026 : « le troisième plus chaud jamais enregistré pour l'Europe dans son ensemble », selon l'institut Copernicus.
Comme le président de BBCA Stanislas Pottier, Cécile Dap préfère parler d'habitabilité que de confort : « Ce terme décrit de façon beaucoup plus réelle tout ce qu'on a ressenti pendant la canicule. C'est-à-dire qu'on ne peut pas habiter dans nos logements quand il fait chaud et c'est un enjeu collectif. »
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