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BBCA : « Nous allons proposer un label Construire et rénover bas carbone »

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Publié le 15 juillet 2026 à 9h00, mis à jour le 15 juillet 2026 à 10h17, par Virginie Kroun

Avec 6 millions de m² de bâti déjà livrés ou en cours de labellisation, l'association BBCA poursuit ses ambitions dans la réglementation, française comme européenne. Autres projets : des référentiels pour s'adapter à une mixité de travaux. Entretien.
Stanislas Pottier, président de l'association BBCA ®Pauline de Courrèges - Batiweb
Stanislas Pottier, président de l'association BBCA ®Pauline de Courrèges

Comment inscrire l'immobilier bas carbone dans la législation française et européenne ? Comment adapter les référentiels à la mixité d'usage ? Comment concilier bas carbone et habitabilité de l'été ? 

Telles sont les questions que nous posons à l'association Bâtiment Bas Carbone (BBCA), reconnue pour ses labels en la matière. Décryptage avec son président Stanislas Pottier. 

Comment se situent l'association BBCA et ses labels par rapport aux ambitions bas carbone du bâtiment ? 


On a vraiment établi une référence bas carbone et on a beaucoup poussé pour cette logique de cycle de vie, dans la RE2020, qui fait que la France a une législation extrêmement en avance, extrêmement admirée par les autres pays européens. Nos méthodes de comptabilité du carbone n'ont jamais été contestées par qui que ce soit. Dès le début, l'association a été identifiée par l'administration, notamment à l'époque par Emmanuelle Cosse, qui était ministre du Logement [de 2016 à 2017, NDLR].

De plus la masse d'adhérents n'arrête pas d'augmenter, de 130 à 177 entre 2025 et 2026. Tout comme la masse d'opérations labellisées [6 millions de m² déjà livrés ou en cours de labellisation en avril 2026, contre 4,6 millions de m² en 2024, NDLR].

C'est important d'avoir beaucoup d'opérations labellisées qui soient représentatives de tout un tas de bâtiments, de moyens constructifs, de territoires différents, pour que l'on puisse constater que cela peut s'appliquer partout. 

Et côté réglementation européenne ? 


Nous sommes en train de reproduire la même chose aussi au plan européen, avec la Low Carbon Building Initiative, lancée il y a trois ans. Les autorités européennes nous ont identifiés et nous sommes concentrés maintenant sur le sujet carbone pour les évolutions réglementaires qui touchent de près ou de loin l'immobilier.

Des investisseurs européens, détenant des portefeuilles d'actifs dans différents marchés, aimeraient un seul référentiel. C'est ce qu'on a fait en faisant évidemment bien attention que le référentiel soit compatible avec les différentes réglementations nationales

Nous nous sommes positionnés notamment sur le Royaume-Uni, le Benelux, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. 

Quel nouveau label souhaiteriez-vous mettre en avant ? 


Jusqu'à présent, BBCA proposait un label Construire bas carbone, un label Exploiter bas carbone et un label Rénover bas carbone. Là, nous allons proposer un label Construire et rénover bas carbone d'ici la fin de l'année, car il existe beaucoup d'opérations mixtes aujourd'hui : il peut y avoir sur un immeuble de la rénovation, mais aussi une extension, donc une partie neuve. 

Or l'opérateur concerné est obligé d'avoir la comptabilité pour la partie neuve, la comptabilité pour la partie rénovation. Donc nous sommes en train de travailler pour obtenir un référentiel qui marche à la fois neuf et en rénovation, à la fois en logement, en bureau et même en commerce.

Face aux épisodes caniculaires depuis fin juin, quelle posture affiche l'association BBCA ? 

 

D'abord, c'est un scandale de parler de confort d'été, au lieu d'habitabilité l'été. Il va être impossible d'habiter dans nos bâtiments existants à très court terme. Donc, ce n'est pas du tout une question de confort, mais de survie.

Donc l'enjeu est très clair, c'est l'habitabilité. Il faut quand même avoir cela en tête, mais aussi toujours maintenir la diminution des émissions carbone. Mais évidemment qu'il faut du rafraîchissement, de la climatisation. C'est un scandale absolu que les hôpitaux ne soient pas climatisés, en particulier dans le Sud, de même que les écoles

Simplement, il ne faut pas faire n'importe quoi. Une climatisation va être efficace quand elle est collective, parce qu'elle mutualise les investissements et apporte une efficacité dans la génération de froid et de chaud. 

J'ai visité un nouveau quartier en cours de création à Bordeaux, entre la gare Saint-Charles et la Garonne. Il y a une usine qui n'est pas très loin, et le promoteur a mené des investissements, afin de chercher la chaleur fatale de l'usine pour chauffer tout le quartier. Pour l'été et pour le froid, c'est pareil, des investissements sont menés dans la tuyauterie pour chercher la frigorie au fond de la Garonne, à 13°C, et cela sert à rafraîchir tout le quartier. 

Je ne comprends pas pourquoi à Paris on ne fait pas ça avec la Seine !


Du 1er septembre au 3 septembre 2026, se tient le salon de l'immobilier bas carbone Sibca, au Grand Palais, à Paris. Pourquoi organiser cet événement est si important à vos yeux ? 

 

On y retrouve les enjeux des années précédentes et toute la chaîne de valeur de l'immobilier bas carbone : les promoteurs, les constructeurs, les bureaux d'études, les industriels, les fabricants, les utilisateurs, la direction immobilière des entreprises par exemple, etc. Et puis, il y a les aménageurs, les collectivités locales, les maires, bien sûr.

Une nouveauté de l'année dernière, et qu'on reprend cette année : le sujet biodiversité et adaptation. Car il y a des solutions décarbonnées qui sont bonnes pour la biodiversité, d'autres qui sont neutres ou parfois mauvaises. Autant privilégier celles qui sont aussi bonnes pour la biodiversité, et que les imbrications entre les deux soient plus claires.

Deux nouveautés cette année : beaucoup plus d'architectes seront présents. C'est quand même assez formidable parce que c'est eux qui innovent en prenant en compte toutes les contraintes. Nous parlerons santé également, parce que même si on mesure l'impact carbone, quand on utilise des matériaux biosourcés très peu carbonés, il y a un impact santé qu'il vaut le coup d'aborder.

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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