Le premier démonstrateur Power-to-Gas en France inauguré dans le Nord Eco-construction | 12.06.18

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Le premier démonstrateur Power-to-Gas français a été inauguré ce lundi 11 juin à Cappelle-la-Grande, dans le Nord. Permettant de stocker la surproduction des énergies renouvelables en les transformant en hydrogène ou en méthane de synthèse, ce système a été déployé sur le projet GRHYD. Cette expérimentation, débutée en 2014, sera notamment l'occasion de tester l'injection d'hydrogène dans le réseau de distribution de gaz naturel pour combler les besoins de chauffage des habitants.
Lancé en 2014 à Cappelle-la-Grande, près de Dunkerque, le projet GRHYD (Gestion des réseaux par l'injection d'hydrogène pour décarboner les énergies) a été conçu comme un démonstrateur de la révolution énergétique.

Celui-ci repose en effet sur le principe du ''Power to Gas'', qui vise à « transformer les surplus d'électricité renouvelable en hydrogène » pour les « stocker plus efficacement » et, finalement, les « mettre au service de différents usages : chauffage, eau chaude, mobilité », comme l'explique Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie, qui coordonne le projet.

C'est ainsi que le premier démonstrateur Power-to-Gas en France a été inauguré ce 11 juin, en présence, notamment, des maires de Dunkerque et Cappelle-la-Grande, Patrice Vergriete et Léon Devloies, Isabelle Kocher, et Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe.

Au total, ce ne sont pas moins de 11 partenaires qui ont travaillé ensemble à l'aboutissement de ce projet inédit sur l'hexagone, parmi lesquels Areva H2Gen, GRDF ou encore le CETIAT (Centre technique des industries aérauliques et thermiques). Finalement, 15 millions d'euros ont été investis dans ce démonstrateur, qui devrait, à terme, alimenter 200 logements (à raison de 120 dans l'individuel, et 80 en collectif).

Une nouvelle phase qui s'ouvre

Il faudra néanmoins que les habitants du territoire patientent encore un peu avant de pouvoir consommer le nouveau gaz composé d'hydrogène et de gaz naturel fourni par le projet. En effet, l'inauguration de GRHYD a seulement marqué le début de l'expérimentation, qui sera d'abord menée auprès de 100 logements et d'un centre de soins.

Dans un premier temps, les molécules d'hydrogène seront injectées à hauteur de 6% dans le réseau local de distribution de gaz naturel, ce taux pouvant atteindre les 20% maximum. Après 2 ans d'études, puis autant pour les autorisations, il faudra de nouveau compter 24 mois supplémentaires pour observer les résultats de cette démonstration, au terme de laquelle sera validée « la pertinence technique et économique de la conversion d'électricité en un nouveau gaz », d'après les porteurs du projet.

« Nous sommes fiers d'être la commune pilote de ce projet GRHYD qui est unique en France et a pour ambition de répondre aux enjeux de fort développement des énergies renouvelables d'ici 2020 », témoigne le maire Léon Devloies, également vice-président de la Communauté urbaine de Dunkerque.

Bientôt un déploiement à grande échelle ?

Au terme de cette phase de test, plusieurs résultats sont d'ores et déjà attendus, et en particulier au regard de l'impact environnemental. Le projet devrait en effet permettre de « réduire les émissions de gaz à effet de serre et les impacts sanitaires de la pollution urbaine sur la population », selon les différents partenaires, tout en valorisant des sources d'énergies propres.

D'un point de vue économique, si les habitants ne devraient constater aucun impact sur leur facture de gaz, plusieurs retombées locales sont attendues, avec notamment la création d'emplois liés à la conception et à la maintenance des systèmes énergétiques. D'autres innovations technologiques pourraient également émerger prochainement, à l'instar du carburant Hythane pour les véhicules, déjà en cours de développement chez Engie.

Les porteurs du projet ajoutent enfin que 3 scénarios sont envisagés suite à cette expérimentation : le démantèlement du démonstrateur en cas d'échec, la continuité de l'injection étendue à 100 autres logements, ou même le déploiement de l'injection à une zone plus vaste, au sein de la Communauté urbaine de Dunkerque ou sur un autre territoire français.

« Les partenaires examineront chacun de ces scénarios après analyse des résultats relatifs à plusieurs mois de fonctionnement de la distribution du nouveau gaz pour évaluer les conditions de déploiement de cette innovation », concluent les acteurs de cette belle initiative.

F.C

Photo de Une : @ENGIEGroup (Twitter)
Redacteur

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