Lutte contre le réchauffement climatique : vers la création de 24 millions d’emplois, mais... Eco-construction | 22.05.18

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Alors que de plus en plus de professionnels évoluent dans le marché des énergies renouvelables, l’Organisation internationale du travail a récemment partagé un constat contrasté. En effet, 24 millions d’emplois pourraient être créés pour lutter contre le réchauffement climatique à l’échelle mondiale, au détriment des femmes, sous-représentées dans ce secteur.
La semaine dernière, l’Organisation internationale du travail (OIT) a publié un nouveau rapport intitulé « Une économie verte et créatrice d’emploi », faisant écho à la revue présentée par l’Irena concernant l’emploi dans les énergies renouvelables au début du mois.

Ce document est avant tout l’occasion pour l’OIT de rappeler que l’Accord de Paris prévoit de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale sous la barre des 2°C. Un objectif ambitieux qui passera nécessairement par la création de nouveaux postes.

Selon l’organisme, 6 millions d’emplois devraient prochainement disparaître dans le domaine de la production et de l’utilisation de l’énergie, mais 24 millions d’autres pourraient également être créés.

« Cette augmentation nette d’environ 18 millions d’emplois dans le monde sera le résultat de l’adoption de pratiques durables, comme la modification du bouquet énergétique, l’utilisation accrue de véhicules électriques et l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments existants et futurs », estime le rapport.

Les femmes et les pays pauvres mis de côté

Pour autant, tout le monde n’aura pas la chance de bénéficier de ces nouveaux emplois. L’OIT considère notamment que les femmes devraient être de moins en moins présentes dans les secteurs professionnels liés à l’environnement.

« L’atténuation des changements climatiques pourrait faire baisser légèrement la part des femmes dans l’emploi total, car les gains d’emploi associés au scénario à 2°C se trouvent dans les branches d’activité actuellement dominées par les hommes (énergies renouvelables, fabrication et construction), à moins que des mesures ne soient prises pour restreindre la ségrégation professionnelle », note l’étude.

Interrogée par l’AFP, Catherine Saget, auteure principale du document, juge ce résultat « pas surprenant ». « Quand on parle de transition énergétique, ça veut dire plus d’éoliennes, plus de géothermie, plus de voitures électriques, et on sait que les énergies renouvelables, la manufacture et la construction sont des secteurs masculins », déplore-t-elle.

Le rapport fait également état de nombreuses disparités entre les différents pays. En particulier, les plus pauvres risquent d’avoir bien du mal à profiter des efforts fournis dans la lutte contre le réchauffement climatique, du fait de la nécessité d’« adopter et financer des stratégies en faveur d’une juste transition vers une économie durable sur le plan environnemental », comme l’indique Catherine Saget.

À l’inverse, l’OIT envisage la création de 3 millions d’emplois aux Amériques, 14 millions en Asie-Pacifique et 2 millions en Europe. Des mesures supplémentaires pourraient néanmoins être prises en compte afin de permettre aux pays négligés « de surmonter la pauvreté ».
                       
Un ensemble de propositions à prendre en compte

Loin de se contenter d’analyser le marché du travail du secteur de l’environnement, l’OIT dresse également plusieurs recommandations visant à faire évoluer le cadre juridique en faveur de « l’écologisation ». L’organisme propose ainsi de mettre en place des « synergies entre la protection sociale et la politique environnementale », avec des « programmes publics pour l’emploi », « le paiement des services écosystémiques », ou encore « un ensemble de mesures comprenant des transferts monétaires, une assurance sociale plus solide et des limites à l’utilisation des combustibles fossiles ».
 

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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