EnR : plus de 10 % du territoire français est désormais saturé

La barre des 10 % du territoire français « saturé » dans ses nouvelles capacités de production d'énergies renouvelables a été dépassée, a-t-on appris mercredi auprès des gestionnaires des réseaux électriques.
Enedis a mis en ligne sur son site internet une carte de France où sont répertoriées en rouge des zones saturées. Sur près de 2 300 zones recensées en Métropole, 239 sont concernées par cette saturation. C'est le cas, par exemple, du sud de la région Centre-Val-de-Loire, ou d'une grande partie de certains départements du Sud-Ouest comme le Lot-et-Garonne ou du Grand-Est comme le département des Vosges.
Une accélération des raccordements des EnR
Le raccordement des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque) a connu une forte accélération ces dernières années : 6,6 GW ont ainsi été raccordés au réseau de distribution Enedis en 2025, contre 5,5 GW en 2024 et 4,2 GW en 2023, notamment du fait des productions d'énergie solaire dans les exploitations agricoles. Selon les chiffres d'Enedis, au total, 51 GW sont produits par les EnR en France et raccordés au réseau.

Cette accélération dans certains territoires, notamment ruraux, a parfois dépassé le développement des infrastructures. « On a un développement essentiellement du photovoltaïque, plutôt dans les zones rurales », a expliqué Cédric Boissier, directeur raccordement chez Enedis, lors d'un point presse conjoint avec le gestionnaire du réseau de transport RTE.
Ces zones rurales, où la consommation n'est pas forcément la plus importante, représentent « à peu près deux tiers du développement des énergies renouvelables » ces dernières années, ce qui « peut effectivement, dans la gestion du réseau, amener un certain nombre de difficultés », notamment en matière de distribution de cette production énergétique, a-t-il ajouté.
La France a encore de la marge par rapport à l'Espagne
Le Lot-et-Garonne a ainsi vu la puissance d'énergies renouvelables raccordées au réseau plus que tripler en six ans. Avec cette carte, Enedis et RTE comptent alerter les producteurs et porteurs de projets d'énergies renouvelables de l'impossibilité de disposer de nouvelles capacités d'ici au moins cinq ans pour les zones marquées en rouge.
Des délais qu'Enedis explique par la nécessité de développer de nouvelles infrastructures, comme des postes-sources, qui permettent de relier le réseau RTE au réseau Enedis, en transformant une très haute tension en haute tension. Le gestionnaire du réseau, qui compte actuellement quelque 2 300 postes-sources sur l'ensemble du territoire, prévoit d'en construire une centaine de nouveaux d'ici 2030, « dont les deux tiers » seront dédiés aux énergies renouvelables.
Le gestionnaire du réseau de distribution souligne toutefois « la chance d'avoir en France un réseau qui est bien dimensionné historiquement », avec « 90 % du territoire » sur lequel « il y a de la capacité à raccorder des énergies renouvelables ».
À titre de comparaison, fin 2025, l'Espagne affichait un taux de saturation dépassant les 85 %. Localement, dans la région du Pays basque, par exemple, de nouveaux raccordements deviennent difficilement envisageables avec un taux qui monte à plus de 99 %.
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