Lyon intègre la température intérieure aux critères de salubrité

La Ville de Lyon intégrera désormais la température intérieure des logements parmi les critères d'évaluation de leur salubrité. Cette mesure, annoncée mercredi 15 juillet par le maire écologiste Grégory Doucet, constitue une première en France. L'édile souhaite qu'elle soit étendue à l'échelle nationale.
Lors d'une conférence de presse, le maire Grégory Doucet a justifié cette évolution en estimant qu'« un logement qui dépasse les 35°C, voire au-delà, parce qu'il a été frappé par le soleil toute la journée, sans dispositif occultant, ça devient tout simplement un problème de santé publique ».
Un nouveau critère pour évaluer l'insalubrité
En France, l'évaluation de la salubrité des logements relève des Agences régionales de santé (ARS) ou des services communaux d'hygiène et de santé. Si un logement est jugé insalubre, ces services saisissent la préfecture, qui peut alors prendre un arrêté d'insalubrité et imposer au propriétaire la réalisation de travaux dans un délai fixé.
Alors que les épisodes de canicule se multiplient, « la question de la température n'est pas considérée » dans ces évaluations, a souligné Grégory Doucet. À l'inverse, des critères tels que le taux d'humidité, l'absence de chauffage ou encore la vétusté des installations électriques sont déjà pris en compte.
« Donc on rajoute cet élément-là dans la grille d'évaluation, de manière à ce que des locataires puissent nous saisir et nous dire, "moi, je considère que mon logement est insalubre parce qu'il fait 42°C" », a déclaré Grégory Doucet.
Selon le maire de Lyon, la simple absence de volets ou de stores dans un logement pourrait ainsi constituer un motif de saisine.
Une initiative saluée par les associations
Cette première étape vers la prise en compte de la température dans la notion de « décence » d'un logement constitue une « bonne nouvelle », a salué auprès de l'AFP Damien Barbosa, coordinateur de Rénovons, un collectif d'associations et d'entreprises de rénovation énergétique.
« Les critères de température existent déjà au Canada, mais je pense que ce sont effectivement les premiers en France », avance Damien Barbosa. Le coordinateur de Rénovons milite pour que les critères de décence des logements intègrent des seuils de températures minimales et maximales.
Grégory Doucet souhaite désormais voir cette initiative dépasser le cadre lyonnais. « On voudrait faire évoluer la législation », a-t-il déclaré, afin que la température soit intégrée parmi les critères réglementaires d'évaluation de la salubrité des logements sur l'ensemble du territoire.
Présente à ses côtés, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a par ailleurs plaidé pour l'instauration d'une « trêve estivale » des expulsions, sur le modèle de la trêve hivernale.
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