La bioéconomie durable au cœur du Salon International de l’Agriculture Evénements du bâtiment | 04.03.19

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Produits biosourcés, bioénergies, biodéchets… La bioéconomie durable touche des domaines variés. Elle se présente comme une réponse aux enjeux de transition énergétique et écologique et ne demande qu’à être développée. C’est d’ailleurs pour renforcer son déploiement que le Gouvernement et l’Ademe ont signé un accord-cadre le 28 février dernier à l’occasion du Salon International de l’Agriculture.

Le Salon International de l’Agriculture, organisé du 23 février au 3 mars 2019 à Paris-Porte de Versailles, a fait la part belle à la bioéconomie durable. Pour la première fois, des Trophées ont récompensé des projets de filière valorisant des bioressources afin de proposer une solution biosourcée pouvant se substituer au fossile. Parmi les projets reçus, des peintures élaborées à partir d’algues ou encore de la paille de riz transformée en panneaux isolants.

Sélectionnés parmi 11 finalistes régionaux, les deux lauréats du concours ont été primés le 28 février sur le stand du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation. Il s’agit de :

- Philippe Collin, exploitant en Haute-Marne, a mis en place une unité de méthanisation qui produit du gaz BioGNV distribué sur une micro-station installée sur son exploitation ;
- Et Cavac Biomatériaux : la coopérative vendéenne a fait le choix il y a 12 ans de développer ce qui était alors « un marché de niche » : utiliser du chanvre pour le secteur du bâtiment, un isolant commercialisé sous le nom de Biofib’Isolation.

L’histoire de Cavac Biomatériaux a débuté lorsqu’un collectif d’agriculteurs a cherché à répondre à un double enjeu : s’engager dans une politique agricole plus vertueuse en réintroduisant la culture du chanvre et profiter des atouts naturels de ce même chanvre pour concevoir des isolants performants sains et durables. Les fibres végétales utilisées pour la conception des panneaux isolants Biofib’Isolation (chanvre et lin) sont cultivées dans un rayon de 100 km autour du site de production par les agriculteurs de la coopérative situés en Vendée et en Deux-Sèvres. La production se veut « zéro déchet » : de la paille à la poussière, tout est récupérée et valorisée. Les isolants ne dégagent pas de COV comme en témoigne l’étiquetage A+ des produits.

« Ce trophée de la bioéconomie vient conforter l’engagement de Cavac Biomatériaux dans l’industrie verte française. L’entreprise n’a cessé ces dernières années de se développer en s’éloignant parfois du monde du bâtiment pour proposer des nouvelles solutions issues de la biomasse végétale : création d’un site de micronisation de matières végétales, création de marques de paillages et de litières animales à base de fibre végétale… Plus que jamais Cavac Biomatériaux souhaite créer des ponts entre production agricole locale et innovation industrielle durable », souligne un communiqué.

Accélérer le développement de la bioéconomie

Ces trophées témoignent de la volonté du gouvernement de renforcer les initiatives en faveur de la bioéconomie durable. Rappelons qu’en 2018, le ministère de l’agriculture avait confié au Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux (CGAAER) la mission d’identifier des moyens pour une meilleure prise en considération des avantages environnementaux, économiques et sociaux de l’utilisation de produits biosourcés.

Dans une note, le gouvernement indiquait : « Si la bioéconomie apporte des réponses majeures aux défis du futur grâce à ses externalités positives, peu de gens en ont réellement conscience et son essor reste encore pénalisé par le contexte économique. Les produits de la bioéconomie sont en situation de compétitivité défavorable sur les marchés (…). De plus, les formations générales et professionnelles n’intègrent pas encore le concept systémique de la bioéconomie. Les citoyens et les consommateurs ne sont pas suffisamment informés de cette économie de la photosynthèse dont le développement contribue à optimiser nos ressources renouvelables tout en créant des emplois et de la valeur dans les territoires ».

Dans son rapport, le CGAAER indiquait que « les normes et les analyses de Cycle de Vie » constituent « des freins à la prise en compte des externalités positives ». « Les ACV devraient être revues pour intégrer les particularités du cycle biogénique du carbone (…). Un cadre européen devrait aussi fixer des objectifs et des moyens pour encourager les matériaux renouvelables ». Il préconisait également la mise en place de programmes scolaires qui traitent des questions de durabilité des ressources vivantes, des cycles du carbone et de la biomasse. La mission suggérait aussi d’améliorer la transdisciplinarité et appelait à la création d’une gouvernance de communication mettant en œuvre « un discours de consensus et un message positif sur les atouts de la bioéconomie ».

Dans le cadre du Salon International de l’Agriculture 2019, le gouvernement a fait un pas de plus en faveur de la bioéconomie durable en signant un accord-cadre avec l’Ademe. Il vise à :

- Développer et diffuser des connaissances sur les interactions entre agroécologie et changement climatique ;
- Favoriser les études et le partage d’expertises sur la biomasse agricole à vocation non alimentaire
- Analyser les freins à la structuration de la filière méthanisation agricole ;
- Mieux connaître la performance environnementale des produits biosourcés ;
- Développer l’alimentation durable dans les filières et les territoires.

Pour rappel, l’Ademe a élaboré sa stratégie pour une bioéconomie durable pour la période 2017-2022. Elle est structurée autour de trois axes : la gestion durable des sols, des systèmes agricoles et forestiers, le développement de systèmes alimentaires durables, le soutien des filières biosourcées durables.

R.C
Photo de une : ©Cavac Biomatériaux

Redacteur

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