La crise complexifie l'achat d'un logement neuf Immobilier | 21.10.20

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Si les Français - et notamment les primo-accédants - sont toujours attirés par l'achat d'un logement neuf, les difficultés s'accumulent depuis le début de la crise sanitaire, avec la baisse des permis de construire et de l'offre, et le durcissement des conditions d'octroi de prêts immobiliers. SeLoger a mené son enquête sur les attentes et ambitions de ces acquéreurs.

La crise sanitaire et économique n'a pas refroidi les Français concernant leurs velléités d'accession à la propriété. Malgré une légère remontée des taux et un durcissement des conditions d'octroi de prêts, les Français considèrent toujours l'immobilier comme une valeur refuge. Or, parmi eux, près d'un tiers se tourne vers le neuf.

 

Du 13 au 17 septembre 2020, SeLoger et OpinionWay ont mené une enquête sur ces acheteurs intéressés par l'immobilier neuf. Parmi eux, les primo-accédants sont très largement représentés, à hauteur de 60 %.

 

Les résultats de cette étude révèlent notamment que 41 % des acquéreurs estiment que c'est encore le bon moment pour acheter.

 

Un manque d'offre inquiétant

 

Alors que la crise et le confinement ont fortement impacté la délivrance de permis de construire, l'offre de logements neufs peine à répondre à une demande toujours croissante. Une situation qui inquiète la Fédération Française du Bâtiment (FFB) et la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), qui constatent que le marché des logements neufs a diminué d'un quart par rapport à un an plus tôt, et qui regrettent que le plan de relance ait laissé de côté le neuf au profit de la seule rénovation.

 

« Le neuf n’est pas un problème, c’est une solution, pour loger les Français et leur donner le cadre de vie sain, confortable et durable auquel ils aspirent », souligne Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI.

 

Il faut dire que le logement neuf, notamment individuel, est souvent avantageux, puisqu'il ne nécessite pas de travaux, que ce soit en termes d'aménagement ou de rénovation énergétique. Dans le neuf, 61 % des acheteurs rêvent d'ailleurs d'une maison individuelle.

 

Les frais de notaire sont également bien moins élevés que dans l'ancien, avec 2 à 3 % du prix de vente du logement dans le neuf, contre 7 à 8 % dans l'ancien.

 

Pour les investisseurs, le dispositif Pinel - prolongé jusqu'en 2022 - permet également des déductions d'impôts, tout en s'assurant de revenus locatifs réguliers. 

 

Mais la réduction du nombre de permis de construire et le manque d'offre risquent malheureusement de faire grimper les prix. Deux acquéreurs sur trois craignent d'ailleurs que les prix ne deviennent inaccessibles. 

 

Les primo-accédants impactés par le durcissement des conditions d'octroi de prêts

 

Autre obstacle : le durcissement des conditions d'octroi de crédits immobiliers. Sur les recommandations du Haut Conseil pour la Stabilité Financière, les banques prêtent plus difficilement, et limitent de plus en plus les mensualités, qui doivent rester en-dessous de 33 % des revenus de l'emprunteur, et ne pas s'étaler sur plus de 25 ans, afin d'éviter l'endettement des ménages.

 

Alors que 92 % des primo-accédants ont recours à un crédit, ce sont les premiers touchés par ce durcissement des conditions. Ainsi, selon la FFB, la part de primo-accédants dans les dossiers de prêts finalisés était de 34 % en avril 2019, contre seulement 26 % cette année.

 

Malgré les difficultés qui s'accumulent, l'étude révèle que 81 % des acheteurs comptent tout de même conserver le même budget d'acquisition qu'avant la crise sanitaire, et deux sur trois prévoient de se tourner vers des biens allant jusqu'à 300 000 euros. 

 

Claire Lemonnier

 

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur

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