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Le financement, premier frein à la réalisation de travaux pour les bailleurs

Dans un contexte où le gouvernement fait de la rénovation énergétique et la lutte contre les passoires énergétique une priorité, l'ANIL et l'ADIL ont mené une enquête pour identifier les facteurs de motivation et freins à la réalisation de travaux pour les bailleurs. Sans surprise, le financement reste le principal obstacle. Or, peu de bailleurs connaissent et ont recours aux aides disponibles.
Publié le 08 mars 2021

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Le financement, premier frein à la réalisation de travaux pour les bailleurs - Batiweb

Alors que le gouvernement prévoit d'interdire la location de passoires énergétiques étiquetées G à compter du 1er janvier 2023, puis des logements étiquetés F d'ici 2028, cette « menace » devrait inciter les propriétaires bailleurs à rénover leurs biens en location. Mais le financement reste très souvent le premier frein à la réalisation de travaux, qui peuvent parfois se révéler très coûteux.

 

Si des aides à la rénovation énergétique existent, de nombreuses études montrent que les bailleurs restent peu nombreux à les connaître, et sont souvent mal informés. Pour rappel, le dispositif MaPrimeRénov' a récemment été étendu à tous les propriétaires, y compris bailleurs. Ces derniers peuvent d'ores et déjà lancer des travaux depuis le 1er octobre 2020, et pourront faire leur demande d'aide à compter du mois de juillet prochain pour être remboursés rétroactivement si leur dossier est complet.

 

En 2020, l'ANIL et l'ADIL ont mené une enquête pour identifier les travaux les plus fréquemment réalisés par les propriétaires bailleurs, les facteurs de motivation, mais aussi les freins. Ils ont interrogés 2 155 bailleurs entre fin janvier et mi-mai 2020. Le réseau précise d'ailleurs que, pour la première fois, en raison de la crise sanitaire, une version numérique du questionnaire a été mise en place en complément de la version papier. 

 

L'enquête révèle que 86 % des bailleurs déclarent avoir déjà réalisé au moins un type de travaux. Parmi les plus fréquents : la modernisation de la salle de bain ou de la cuisine, la mise aux normes (électricité, assainissement...), le changement de fenêtres, ou de chauffage et de ventilation. Inversement, les plus gros travaux sont moins réalisés, comme l'adaptation du logement aux personnes à mobilité réduite, les travaux d'entretien (toiture...) ou d'isolation.

 

Les travaux les plus fréquemment réalisés. Source : enquête ANIL/ADIL

 

A noter que 81 % des bailleurs font au moins en partie appel à des professionnels pour la réalisation de ces travaux. 

 

Dans un second temps, l'enquête s'est plus précisément intéressée aux freins et motivations des bailleurs. Les deux principales motivations citées : améliorer le confort dans le logement (pour 45 %), et louer le bien plus facilement et/ou réduire la rotation et la vacance (44 %).

 

Les principaux facteurs de motivation. Source : enquête ANIL/ADIL

 

Un problème de financement

 

Sans grande surprise, le financement reste le principal frein à la réalisation de travaux pour 45 % des bailleurs, et même 52 % de ceux louant leur ancienne résidence principale. Parmi les autres causes : la présence du locataire dans le logement (30 %), le manque de retour sur investissement, (29 %) et la difficulté à trouver des artisans compétents (pour 20 %).

 

Parmi les 35 % de bailleurs ayant abandonné des projets de travaux ces 5 dernières années, 63 % avancent également que le financement a été le principal problème rencontré.

 

Des aides très mal connues et peu utilisées

 

Interrogés sur les sources de financement de ces travaux, les bailleurs sont 65 % à utiliser leur épargne, 23 % à avoir recours à un emprunt, et 16 % à utiliser au moins en partie les derniers loyers perçus.

 

Plus étonnant : seuls 6 % ont financé ces travaux grâce au versement d'une subvention. Pourtant, 83 % déclarent que, sans cette aide, ils n'auraient soit pas entrepris ces travaux, (36 %), soit en auraient fait moins ou d'un autre type (47 %). On voit donc que les aides sont primordiales dans la décision d'engager des travaux, mais aussi dans leur type.

 

Mais ces aides restent très mal connues par les bailleurs. Seul un tiers d'entre eux les connaît et sait où s'adresser. Inversement, 61 % déclarent ne pas connaître ces aides et ne pas savoir où trouver l'information.

 

Dans ce contexte, l'ANIL et l'ADIL en concluent qu'il est aujourd'hui plus que nécessaire de communiquer sur les aides existantes, et de faciliter leur appropriation par les bailleurs, de même que par l'ensemble des ménages français.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

Par Redacteur

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