Le marché des bureaux plus résilient en régions

Immobilier | 27.04.21
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Après la publication du bilan du marché des bureaux en Île-de-France au premier trimestre 2021, CBRE revient plus en détails sur le marché en régions. Ce dernier a globalement mieux résisté que le marché francilien, et devrait devenir de plus en plus attractif dans un contexte où les salariés sont en quête d'une meilleure qualité de vie depuis le début de la crise sanitaire.

Le 8 avril dernier, le groupement Immostat publiait les chiffres du marché des bureaux au premier trimestre 2021, avec un focus sur l'Île-de-France. Le bilan faisait état d'une chute de 39 % pour les investissements et de 30 % pour les transactions comparé à un an plus tôt, notamment en raison de la crise et de la généralisation du télétravail.

 

Les experts comptaient désormais sur l'accélération de la campagne de vaccination pour un retour à la normale, mais aussi sur le développement de nouvelles formes de bureaux comme le flex office et le coworking à proximité des lieux de vie des salariés, alors que la crise a profondément modifié les modes de travail des Français.

 

Ce 26 avril, CBRE est revenu plus en détails sur le marché au sein des principales grandes métropoles françaises, qui ont fait preuve de plus de résilience que le marché francilien.

 

Une chute modérée de 2 % pour la demande placée

 

Au premier trimestre 2021, la demande placée dans les grandes métropoles françaises enregistre en effet une baisse modérée de 2 % comparé à un an plus tôt, et le taux de vacance régional reste quant à lui inférieur à 5 %, « reflet de marchés immobiliers équilibrés en régions », selon CBRE.

 

Le spécialiste en immobilier d'entreprise note en revanche une chute des transactions supérieures à 5 000 m2, avec seulement 2 transactions de ce type au premier trimestre 2021, contre 5 un an plus tôt. En volume, cela représente 21 241 m2, contre 38 800 m2 au T1 2020, soit une chute de 45 %.

 

« Plus agiles et plus rapides dans leurs décisions immobilières, les PME et PMI dynamisent le marché dans l'attente du retour des grandes transactions. La demande exprimée et le nombre de visites en ce début d'année démontrent la volonté des entreprises de se développer sur les grandes métropoles régionales », assure Stanislas Leborgne, directeur exécutif régions chez CBRE France.

 

Des disparités selon les régions

 

Dans le détail, Nantes, Lille et Lyon tirent leur épingle du jeu. La métropole de Nantes enregistre notamment une forte hausse de la demande placée (+42 % hors compte-propre) en nombre et en volume, et la dynamique devrait se poursuivre avec la livraison de nouveaux programmes neufs. Lille enregistre pour sa part une hausse de 88 % des transactions au premier trimestre 2021. Enfin, Lyon conserve une demande placée stable, avec +1 %, dans un marché dynamisé par les PME.

 

Inversement, les grandes métropoles du sud-est et du sud-ouest connaissent plus de difficultés. A Nice, la demande placée chute notamment de 64 % au premier trimestre 2021. La demande placée recule également dans la région d'Aix-Marseille, avec -16 %.

 

A Bordeaux, on enregistre -10 %, mais Alexandre Cieux, directeur régional, souligne que le marché reste dynamique : « L'offre disponible demeure faible, et les niveaux de loyers restent inchangés », relativise-t-il.

 

Enfin, Toulouse connaît une baisse de 9 %, avec un marché qui reste porté par les petites surfaces. Les grandes surfaces restent quant à elles « tributaires des évolutions de la situation sanitaire », selon Elodie Moine, directrice régionale.

 

« Le marché de l’investissement bureaux dans nos régions connaît une légère correction en ce début d’année mais reste globalement soutenu avec un volume de près de 550 millions d'euros sur ce premier trimestre. La localisation et une bonne lecture des fondamentaux du marché locatif sont plus que jamais les choix prioritaires des investisseurs. Avec près de 750 millions d'euros en cours de marketing chez CBRE dès ce premier trimestre, l’année 2021 pourrait être plus dynamique que prévu. Le rythme du second trimestre sera déterminant », conclut Yves Gourdin, directeur Investissements régions chez CBRE France.

 

D'après Stanislas Leborgne, « l'effet covid et le télétravail auront accéléré le départ de certains salariés vers les grandes métropoles régionales », et l'attractivité de ce marché devrait se confirmer, alors que de nombreuses entreprises se disent prêtes à se développer en régions pour attirer de nouveaux talents offrir une meilleure qualité de vie à leurs salariés.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

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