Les taux de crédit immobilier risquent encore d'augmenter, selon Crédit Logement
Publié le 20 janvier 2026, mis à jour le 20 janvier 2026 à 17h17, par Nils Buchsbaum

Les futurs acquéreurs devront probablement composer avec des crédits immobiliers plus coûteux en 2026 et 2027. D’après les projections dévoilées mardi 20 janvier par l’Observatoire Crédit Logement/CSA, la hausse s’inscrit dans un climat économique incertain, tandis que les banques, soucieuses de préserver leurs marges, ajustent leurs conditions de financement.
« Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », a déclaré Michel Mouillart, professeur d’économie chargé de la présentation de cette étude, lors d’une conférence de presse en ligne.
L’Observatoire Crédit Logement/CSA, qui mesurait un taux moyen de crédit de 3,17 % en décembre 2025 hors assurance et frais annexes, anticipe une nouvelle hausse à 3,55 % au quatrième trimestre 2026, pour une moyenne annuelle de 3,41 %, puis à 3,95 % au quatrième trimestre 2027, correspondant à une moyenne annuelle de 3,60 %
La hausse des taux s’est amorcée à la rentrée 2025, après avoir touché un point bas de 3,06 % en juin puis de nouveau en août.
La durée moyenne des crédits frôle désormais les 21 ans
« La réalité économique qui s’impose aux établissements de crédit les a conduits à (…) rajuster les coûts des crédits et augmenter les taux des emprunts », a déclaré Michel Mouillart.
Les banques françaises, qui se financent en partie sur les marchés au taux auquel emprunte l’État, répercutent mécaniquement ces coûts sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Or, le coût de la dette française a atteint fin 2025 des niveaux historiquement élevés, inédits depuis près de quinze ans.
Sous l’effet d’un pouvoir d’achat immobilier sous tension, la durée moyenne des crédits frôle désormais les 21 ans, un niveau inédit depuis la création de l’Observatoire il y a près de vingt ans. Avec 250 mois précisément, cette maturité se rapproche de la limite maximale autorisée par la Banque de France et le ministère de l’Économie, fixée à 25 ans.
Si la hausse des prix de l’immobilier, estimée à 0,8 % l’an dernier selon les dernières données de la Fnaim publiées la semaine dernière, se prolonge, deux scénarios se dessinent, selon Michel Mouillart. Soit la part des mensualités dans le revenu des emprunteurs augmentera, soit, « l’autre possibilité, qui est à craindre, c’est la réduction» du nombre d’emprunteurs.
« Le marché du crédit demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages », écrivait la Fnaim mercredi dernier, soulignant un « accès au financement (…) majoritairement réservé aux ménages les plus aisés ».
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














