Le marché de l'immobilier se redresse, mais attend des garanties pour 2026
Publié le 14 janvier 2026, mis à jour le 14 janvier 2026 à 14h46, par Raphaël Barrou

« Malheureusement, je reste sur une feuille blanche. » Au moment de présenter la conjoncture du logement en France en 2025, Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), montre toute l'étendue de l'incertitude qui entoure le secteur.
Pourtant, l'organisation syndicale des professions de l'immobilier annonce une reprise du marché. Une hausse de 11 % des ventes de logements anciens a été enregistrée par rapport à 2024, avec 940 000 unités, confirmant un redressement depuis octobre 2024.
« Après trois années de crise, le marché de l’existant retrouve des couleurs. Les ventes repartent, les prix se stabilisent, et l’activité retrouve ainsi un niveau proche de celui observé en 2023, bien qu’encore éloigné du pic historique de 2021 (1 230 000 ventes). »
Plusieurs indicateurs se redressent
Un redressement aussi traduit grâce au taux de rotation, le nombre de ventes par rapport au parc total. Un indicateur qui permet de mesurer l'évolution du marché, et qui s'améliore. Il était de 2,2 % en 2024, contre 2,4 % en 2025. « Nous espérons atteindre 2,5 % [le taux moyen depuis 2000, nldr], ce n'est pas une ambition démesurée », affirme Loïc Cantin.
La reprise du marché s'accompagne aussi d'une augmentation limitée des prix (+0,8 %). Un indice de plus pour la Fnaim d'un marché « qui a retrouvé une stabilité », bien que les réalités locales soient plus contrastées que cette moyenne nationale. À Paris, les prix ont par exemple continué de baisser (-0,5 %), alors qu'ils ont augmenté dans le reste de l'Île-de-France (+1,6 %) ou encore dans les dix plus grandes villes de province (+1,8 %).
La reprise du marché s'accompagne d'une hausse de la production de crédits, qui profite en particulier aux plus aisés. Entre 2021 et 2025, la part d'emprunteurs dont les revenus annuels sont au-dessus de 100 000 € est passée de 20,2 % à 25,3 %. Entre 50 000 et 100 000 € annuels, ils représentaient 36,4 % des emprunteurs en 2021 contre 40,3 % en 2025, une tendance qui s'est confirmée sur la dernière année. En revanche, ceux qui touchent moins de 30 000 € sont passés de 14,4 % à 10,6 % sur les quatre dernières années.
La stabilisation du taux moyen des crédits à 3,12 % est « un facteur favorable à une reprise et à une nouvelle dynamique du marché, permettant aux ménages d'acquérir ».
Des perspectives incertaines pour 2026
Mais l'incertitude plane bien sur le marché de l'immobilier en raison de « l'absence d'une politique du logement », selon la Fnaim. Loïc Cantin estime pourtant que l'intégralité des forces politiques représentées au Parlement sont d'accord sur l'existence d'une crise du logement. « Il faut prendre des dispositions, la question reste à savoir lesquelles. »
Le président du syndicat craint que la question du logement ne soit reportée au second plan avec l'arrivée des échéances électorales - municipales en mars et présidentielles ainsi que législatives en 2027. Monsieur Cantin fustige un parcours législatif compliqué pour le statut du bailleur privé.
Mais il précise qu'il ne suffira pas selon lui à régler tous les problèmes du secteur. « La crise du logement ne repose pas uniquement sur le statut du bailleur privé : elle est beaucoup plus profonde. » La Fnaim regrette notamment l'état de MaPrimeRénov', du marché de l'investissement locatif et une relance de la construction « en panne ».
Par Raphaël Barrou














