Affaire Apollonia : de la prison ferme pour le couple au centre de l'escroquerie
Publié le 15 janvier 2026, mis à jour le 15 janvier 2026 à 17h04, par Raphaël Barrou

Jean et Viviane Badache ont été condamnés à sept ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille, jeudi 15 janvier dans l'affaire Apollonia. Cinq intermédiaires ont, eux, écopé entre trois et cinq ans de prison ferme.
La condamnation, avec un mandat de dépôt - emprisonnement - différé avec exécution provisoire. Ce qui signifie que le couple ira bien en prison malgré leur volonté de faire appel. La peine est assortie d'une amende de 2,5 millions d'euros pour Jean Badache, 71 ans, et de la confiscation de biens immobiliers, comptes bancaires, bijoux et sommes en numéraire, soit un total de 20 millions d'euros pour le couple.
Le parquet avait requis dix ans de prison
Dix-huit ans d'attente, plus de 760 victimes et près de 1,2 milliard d'euros de préjudice. Les chiffres donnent le tournis dans l'affaire Apollonia, dont le procès s'était déroulé de mars à juin 2025. Le parquet de Marseille avait alors requis dix ans de prison pour les époux Badache.
Entre 1997 et 2009, leur société Apollonia, basée à Aix-en-Provence, vantait des acquisitions de lots, éligibles au dispositif des loueurs meublés professionnels (LMP). L'entreprise immobilière s'adressait à une clientèle hupée, notamment des médecins voulant s'assurer une retraite confortable.
L'effondrement des promesses d'un investissement sans risque
Les emprunts hypothécaires allaient de 600 000 € à neuf millions d'euros, faisant de cette affaire « la plus grande escroquerie immobilière et financière de France », selon l'Association nationale des victimes de l'immobilier (Anvi-Asdevilm).
Car l'idée était séduisante sur le papier : s'assurer un investissement sans risque, capable de s'autofinancer grâce aux revenus locatifs et aux avantages fiscaux qui résultaient du dispositif LMP.
Mais les promesses étaient trop belles pour être vraies. Taux d'intérêts plus élevés que prévu, loyers inférieurs aux projections et biens surpayés ont plongé de nombreux clients d'Apollonia dans le surendettement.
Par Raphaël Barrou (avec AFP)














