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Polynésie : 40 piscines olympiques de déchets dans une décharge illégale

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Publié le 22 janvier 2026, mis à jour le 22 janvier 2026 à 17h18, par Nils Buchsbaum


Deux exploitants et six dirigeants d’entreprises BTP mis en examen dans le cadre d'une enquête pour l'enfouissement de 101 413 m³ de déchets.
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Deux hommes accusés d’avoir géré une décharge illégale dans la vallée de la Punaru'u, en Polynésie française, ont été mis en examen, a annoncé mercredi le parquet de Papeete. Selon les autorités, les responsables auraient enfoui l’équivalent de 40 piscines olympiques de déchets, principalement pour le compte d’entreprises du secteur du BTP.

Au total, 101 413 mètres cubes de déchets de toutes catégories et 124 véhicules hors d'usage ont été enfouis sans autorisation ni mesure de protection sur deux sites de la vallée de la Punaru'u, située à une quinzaine de kilomètres au sud de Papeete, entraînant « des pollutions significatives du milieu naturel », selon le parquet.

L'un des exploitants a été placé sous contrôle judiciaire, le second en détention provisoire. Ce dernier avait déjà été condamné « notamment pour des faits similaires », a précisé la procureure Solène Belaouar dans un communiqué.

L'enquête, ouverte en octobre 2023 par l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement (OCLAESP) et le groupe interministériel de recherches de la gendarmerie, a permis d'identifier 684 clients de cette décharge, « pour l'essentiel des entreprises du BTP ».

Huit personnes mises en examen, 197 millions de francs saisis

 

L'exploitation de ces sites aurait généré un bénéfice estimé « a minima » à 260 millions de francs Pacifique (2,18 millions d'euros). En ayant recours à cette filière illicite, les entreprises clientes ont ainsi évité les filières légales, plus coûteuses.

Lors d'une vaste opération les 14 et 15 janvier, huit personnes ont été interpellées, les deux exploitants des deux sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées.

Le parquet a ordonné la saisie de près de 197 millions de francs Pacifique sur les comptes bancaires et contrats d'assurance-vie de ces individus.

Les mis en cause risquent jusqu'à cinq ans de prison pour des infractions allant de l'exploitation sans autorisation d'une installation classée au jet de déchets dans les eaux, en passant par l'escroquerie et le travail dissimulé.

« Cette procédure pénale dans laquelle ont été engagés des moyens d'enquête conséquents illustre que les enjeux environnementaux sont pleinement pris en compte (...) comme étant une forme de criminalité grave et prioritaire », en Polynésie, a déclaré la procureure.

 

Par Nils Buchsbaum (avec AFP)

Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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