Rue d'Aubagne à Marseille : huit ans après le drame, le procès en appel s'ouvre

Le 5 novembre 2018, les effondrements de deux immeubles, situés aux 63 et 65 rue d'Aubagne, à Marseille, ont provoqué huit morts. Ce drame a mis en lumière les problèmes d'habitat indigne dans la cité phocéenne.
Huit ans plus tard, l'affaire revient devant la justice avec l'ouverture du procès en appel, ce lundi 2 novembre 2026.
Pour rappel, au terme du procès à l'automne 2024, le tribunal a prononcé dix condamnations en juillet 2025. Dans le détail : trois peines de prison ferme ciblant des copropriétaires et trois peines de prison avec sursis pour l’architecte-expert, un ancien élu et l'ancien gestionnaire du syndic chargé du 65 rue d’Aubagne et un total de 358 000 euros d'amendes. Six autres prévenus (dont des copropriétaires et le bailleur social Marseille Habitat) ont été relaxés.
Le parquet de Marseille avait fait appel de ce jugement, qu'il estimait moins sévère que les réquisitions prononcées en décembre 2024.
« On vient avec une rage qu'on n'avait pas autant la première fois »
Ce nouveau procès doit durer jusqu'au 18 décembre. Les débats se pencheront sur les responsabilités de 15 prévenus. Parmi eux, des copropriétaires du 65 rue d'Aubagne (adresse à laquelle des morts ont été déplorées), des responsables de Marseille Habitat, des experts, l'ex-adjoint au maire et des représentants du syndic.
Face à eux, 90 parties civiles, dont Linda, cousine de Chérif Zemar, décédé dans l'effondrement. « On vient avec une rage qu'on n'avait pas autant la première fois parce qu'on pensait que, peut-être, les prévenus allaient montrer un peu plus de compassion et être beaucoup plus humains », confie-t-elle durant l'audience.
Ces derniers doivent répondre des chefs d'homicides involontaires aggravés, suite à plusieurs signaux d'alerte sur l'insalubrité des immeubles, n'ayant pas été pris en compte.
« Ce procès sera nécessairement différent », assure Fabrice Naudé, magistrat de la cour d'appel, à qui a été confié l'examen de ce dossier qualifié de complexe et technique. « D'abord parce que les quatre magistrats ne sont pas les mêmes qu'en première instance. (...) Différent aussi parce que (...) les choix que la Cour d'appel fera auront par essence un caractère plus définitif », renchérit-il.
La dimension technique sera abordée dans les deux premières semaines d'audience. Le calendrier donnera ensuite la parole aux proches des victimes.
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