Incendie meurtrier à Hong Kong : les entreprises du bâtiment inculpées

Les autorités de Hong Kong ont engagé des poursuites après l’incendie de Wang Fuk Court, un ensemble résidentiel en rénovation où 168 personnes ont trouvé la mort en novembre 2025.
Sept personnes et deux entreprises sont poursuivies dans l’enquête sur l’incendie de Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po, au nord de Hong Kong.
Selon la dépêche AFP, les directeurs de l’entreprise de construction et du cabinet de consultants impliqués dans la rénovation, ainsi qu’un inspecteur, ont été inculpés d’homicide involontaire avec leurs sociétés. Les sept personnes ont été inculpées de blanchiment d’argent et de fraude fiscale
Les prévenus ont comparu devant un tribunal mercredi 10 juin et ont déclaré au juge qu’ils comprenaient les poursuites engagées contre eux. Les affaires ont été ajournées jusqu’en septembre.
Des travaux de rénovation au cœur de l’enquête
Le sinistre s’était déclaré le 26 novembre dans la résidence Wang Fuk Court. Sept des huit tours d’habitation de cet ensemble résidentiel du district de Tai Po ont été ravagées par les flammes. Avec 168 morts, il s’agit de l’incendie le plus meurtrier à Hong Kong depuis 1980, selon l’AFP.
Au moment du drame, les tours étaient en rénovation. Elles étaient recouvertes d’échafaudages en bambou, de filets de protection sans résistance au feu et de panneaux en mousse. Selon les éléments examinés par la commission d’enquête, ces dispositifs ont pu contribuer à la propagation rapide de l’incendie.
Pour les professionnels du BTP, il s’agit d’un triste cas d’école... Sur un chantier de rénovation, les matériaux provisoires ne sont pas de simples accessoires. Filets, bâches, protections de façade, panneaux de calfeutrement ou éléments d’échafaudage peuvent devenir des facteurs aggravants s’ils sont combustibles, mal posés ou mal contrôlés.
Un porte-parole de la police de Hong Kong a indiqué que 35 personnes avaient été arrêtées en lien avec l’incendie, en collaboration avec l’ICAC, la commission indépendante de lutte contre la corruption. « Nous soupçonnons que ce malheureux incident a été provoqué par des individus agissant dans leur propre intérêt (…) en faisant complètement fi de la sécurité de la vie et des biens des résidents », a déploré Hazel Law, principale enquêtrice de l’ICAC.
Des alarmes incendie désactivées, des déclarations de maintenance falsifiées
L’autre point clé concerne les systèmes de sécurité incendie. Selon les éléments présentés devant la commission d’enquête, les alarmes incendie de sept des huit tours étaient désactivées au moment du sinistre. Cette situation aurait fortement retardé l’évacuation des habitants. L’avocat général Victor Dawes évoque un échec des mesures de sécurité « en raison d’erreurs humaines ».
Dans un immeuble occupé, la continuité des dispositifs de sécurité est pourtant centrale. Les travaux peuvent modifier les circulations, condamner temporairement certains accès, créer des zones de stockage ou exposer les façades. Dans ce contexte, les alarmes, les issues d’évacuation, les consignes de sécurité et les moyens d’alerte doivent être maintenus, vérifiés et adaptés à chaque phase du chantier.
Dans un communiqué publié plus tard mercredi, le gouvernement de Hong Kong a affirmé son soutien aux ensembles résidentiels et les habitants ayant mandaté les deux entreprises mises en cause. Rappelons que des milliers de résidents ont perdu leur logement et ont été relogés dans des hébergements temporaires.
Selon les conclusions de l’ICAC, les inculpés étaient de connivence pour tromper les autorités. Comment ? Par la falsification de la déclaration de leurs missions d'inspection, concernant 86 projets de maintenance de bâtiments dans la ville.
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