Soupçons de fraude fiscale : une enquête préliminaire cible l'industriel Altrad

Fabricant et distributeurs de matériels pour le BTP (échafaudages, étais, bétonnières, mobilier urbain...), Altrad est visé par une enquête préliminaire pour soupçons de fraudes fiscales, ont appris nos confrères de l'AFP auprès du parquet national financier (PNF). Le motif : soupçons de fraude fiscale.
Un montage financier via les filiales à l'international
Une cinquantaine d'enquêteurs ont mené des perquisitions la semaine dernière à travers la France, notamment au siège du groupe à Montpellier (Hérault). « Des auditions sont intervenues pour les personnes physiques sous le régime de l'audition libre. Il n'y a donc pas eu de garde à vue », a précisé le PNF. L'avocat du groupe Me Christophe Ingrain, évoque des procédures liées « à un contentieux ancien avec l'administration fiscale » et effectuées « sereinement dans un esprit de coopération ».
« Selon le PNF, l'enquête pénale, en cours depuis une plainte de l'administration fiscale mi-avril 2026, est diligentée pour les infractions de fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée », lit-on dans Les Échos.
D'après une source interne d'Altrad, ledit contentieux concernerait un système de fraude fiscale. Plus précisément, un montage financier a permis de sortir des sommes de la marge du groupe, en se reposant sur reposant sur les nombreuses filiales à l'international, via un hub basé à Dubaï. Si le parquet ne confirme pas pour l'heure ces informations, le montant de la fraude oscillerait entre 23 et 86 millions d'euros par an sur la période 2018-2024. Ce qui revient à un montant total entre 350 et 400 millions d'euros pour Altrad, qui a réalisé en 2025 environ 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Son patron Mohed Altrad a été reconnu coupable septembre dernier par le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de corruption, impliquant Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby (FFR). Comme il est détaillé sur le site de l'association Anticor : « Le Président de la FFR aurait en effet, usé à plusieurs reprises de son influence dans des décisions significatives pour le milieu du rugby professionnel en favorisant notamment le rachat du club Gloucester Rugby par Mohed Altrad ou en réformant l’annulation d’un match du Top 14 opposant le Racing 92 au MHR », via la société Altrad Investiment Authority (AIA), dirigée par M. Altrad. Celui qui a été candidat à la mairie de Montpellier aux dernières municipales et M. Laporte doivent être jugés en appel, septembre prochain.
Ce n'est pas la première fois qu'une affaire judiciaire vise un industriel du BTP. En témoigne la condamnation de Bruno Lafont et Christian Herrault, respectivement ancien PDG et ex-directeur général adjoint du cimentier Lafarge, à la prison ferme. Incarcérés depuis mi-avril, ils ont été relâchés fin mai sous contrôle judiciaire, en vue d'un nouveau procès en appel.
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