Formaldéhyde : nouvelles règles européennes pour les meubles

Depuis le 6 août 2026, une nouvelle restriction du règlement européen REACH limite les émissions de formaldéhyde des meubles et articles à base de bois mis sur le marché européen à 0,062 mg/m³. Utilisé notamment dans la fabrication de panneaux et de meubles, le formaldéhyde est un composé chimique volatil qui peut être libéré dans l’air intérieur.
Selon une étude OpinionWay menée en avril 2026 auprès de 1 006 Français pour Evertree, entreprise qui développe des solutions adhésives biosourcées pour l’industrie des panneaux de bois, la toxicité des composants entre désormais dans les critères pris en compte lors de l’achat d’un meuble. 81 % des personnes interrogées déclarent y être attentives, devant le « made in France » (74 %) et l’impact environnemental du produit (70 %).
La qualité de l’air intérieur constitue également une source de préoccupation importante : 74 % des répondants disent y être sensibles, une proportion qui atteint 92 % chez les 18-24 ans. Deux tiers des Français interrogés (67 %) affirment par ailleurs être prêts à payer davantage pour un meuble qui n’émet pas de substances toxiques dans leur intérieur.
Selon le sondage, 72 % des Français interrogés attachent de l’importance à l’origine européenne des matières premières et aux conditions de fabrication, tandis que 70 % citent l’utilisation de ressources renouvelables.
Les consommateurs en demande de transparence
L’enquête fait également ressortir une forte attente en matière d’information. 81 % des personnes interrogées souhaitent que l’étiquetage des meubles selon leurs émissions de substances toxiques dans l’air intérieur devienne obligatoire. Un résultat qui conduit Evertree à considérer que « les attentes croissantes des Français en matière de transparence et de limitation de substances toxiques deviennent un facteur de différenciation concurrentielle et de compétitivité pour la filière ».
En France, la loi prévoit depuis 2012 l’étiquetage des émissions de polluants volatils des produits de construction et d’ameublement. Mais cette obligation devait être précisée par un décret définissant les produits concernés. Le texte réglementaire adopté en 2011 a instauré l’étiquetage pour les produits de construction et de décoration, avec un classement de A+ à C selon leurs émissions, sans inclure les meubles. L’obligation inscrite dans la loi existe donc toujours, mais elle n’a pas été rendue applicable à l’ameublement faute de texte réglementaire précisant les modalités de son application.
Pour les fabricants de panneaux de bois, l’entrée en vigueur de cette nouvelle limite concerne directement les résines utilisées pour l’assemblage des panneaux, certaines formulations reposant sur des composants d’origine pétrochimique susceptibles d’émettre du formaldéhyde. Cette évolution intervient par ailleurs dans un contexte marqué par la volatilité du prix des matières premières fossiles, la hausse des coûts de l’énergie et les tensions sur les approvisionnements.
Des résines adhésives biosourcées, sans formaldéhyde, sont aujourd’hui disponibles pour une utilisation industrielle dans la fabrication de panneaux de bois et de meubles. Leur développement constitue l’une des voies permettant de réduire les émissions liées aux adhésifs tout en limitant le recours aux matières premières fossiles.
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