Ciment-béton bas carbone : les conseils de la Convention scientifique étudiante
Publié le 10 mars 2026 à 7h05, mis à jour le 10 mars 2026 à 16h59, par Nils Buchsbaum

La Convention Scientifique Étudiante (CSE), consacrée à la décarbonation de la filière ciment-béton, s’est penchée sur la question suivante : « Selon quelles modalités et à quelles conditions décarbonner la construction, en particulier le ciment-béton, pour atteindre les objectifs de neutralité carbone en 2050 ? ».
Réunie par le Comité Jeunes Promotions de la Société des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF), association représentant la profession des ingénieurs et scientifiques, cette initiative a donné lieu à un rapport destiné à la fois aux décideurs publics, aux industriels et aux acteurs économiques.
« Sobriété, efficacité et alternatives. Voici donc les maîtres mots de notre travail. Suite à des interventions d'experts et de nombreux débats, nous, jeunes citoyens, portons des ambitions concrètes pour décarboner la construction ciment-béton. Ce travail se veut positif, nous vous le transmettons dans l’espoir que vous le portiez à la hauteur de nos convictions », ont déclaré les membres de la Convention.
Encadrée par des experts aux profils variés et par des garants chargés de veiller à l’intégrité de la démarche, la Convention Scientifique Étudiante a conduit ses travaux sur plusieurs mois. Durant quatre sessions de deux jours, un panel d’une cinquantaine d’étudiants — issus d’écoles d’ingénieurs, d’universités et tirés au sort parmi différentes formations scientifiques en France — s’est réuni afin d’approfondir sa compréhension des enjeux liés à la construction ciment-béton.
46 recommandations pour décarboner le béton
À l’issue de ces travaux, les participants ont formulé 46 recommandations, articulées autour de trois axes de réflexion :
- « Le meilleur béton bas carbone est celui qu'on ne coule pas ».
Pour les membres de la CSE, la priorité doit être donnée à la sobriété. Ils rappellent que le parc immobilier français est aujourd’hui, dans sa grande majorité, déjà construit, ce qui impose selon eux de repenser en profondeur l’usage des bâtiments existants. Il s’agit notamment de « prioriser l’intensification de l’usage des bâtiments existants ».
Dans cette perspective, la CSE estime également qu’il convient de privilégier la rénovation ou la réhabilitation à la reconstruction, lorsque ces solutions présentent un bilan carbone plus favorable.
- « Il persiste un besoin de construction, et le béton reste un matériau pertinent ».
La CSE estime également nécessaire d’optimiser l’utilisation et la composition des matériaux de construction, afin de limiter les phénomènes de surconsommation et de surperformance. Cette démarche passe notamment par une réduction du taux de clinker dans le ciment ainsi que par une diminution de la proportion de ciment dans le béton. « L’efficacité est le maître mot », soulignent ses membres.
L’organisation invite par ailleurs à considérer davantage le recours à des matériaux alternatifs, tels que le bois, la terre ou encore la pierre de taille. Elle appelle à une réflexion plus large sur la pluralité des matériaux dans la construction, estimant que le béton est aujourd’hui employé de manière trop systématique.
- « Le Carbon Capture Utilisation and Storage n’est pas une solution miracle ».
La CSE rappelle qu’à l’horizon 2050, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que le stockage du carbone pourrait, au mieux, contribuer à seulement 10 % de l’effort nécessaire pour réduire les émissions de CO₂ et atteindre la neutralité carbone à l’échelle mondiale. Selon la CSE, les technologies de capture, de stockage et d’utilisation du carbone (CCUS) ne sont pas encore matures, leur déploiement rapide est limité, et leurs impacts à long terme restent incertains. De plus, elles ne peuvent être appliquées à la majorité du parc cimentier français. Elle souligne ainsi « un point de vigilance sur la priorisation actuelle de la captation carbone, ainsi que sur ses financements ».
Enfin, l’organisation insiste sur l’importance de la formation et de la sensibilisation de tous les acteurs concernés, jugées nécessaires pour comprendre et mettre en œuvre les trois axes.
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