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Réforme de l'urbanisme : libérer la densité, oui mais pas sans l'architecte

Permettre à chacun d'entreprendre une extension de son habitation sans permis de construire, et donc sans architecte, jusqu'à 40m2, ne semble pas opportun selon Lionel Carli, président de l'Ordre des architectes. Ce dernier réagit au rapport publié la semaine dernière en vue de la réforme de l'urbanisme.
Publié le 03 mai 2011

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Réforme de l'urbanisme : libérer la densité, oui mais pas sans l'architecte - Batiweb
Un rapport publié la semaine dernière en vue de la réforme de l'urbanisme préconise notamment pour les agrandissements d'habitations que le dépôt d'un permis de construire ne devienne obligatoire qu'à partir de 40 m2 contre 20 m2 actuellement. Au nom du Conseil National de l'Ordre des Architectes, son Président Lionel CARLI a souhaité réagir par voix de communiqué. Celui-ci rappelle ainsi que les architectes appellent depuis plusieurs années les élus locaux et responsables politiques à la maîtrise de l’étalement urbain. Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a ainsi émis le souhait de « favoriser l'évolution du bâti existant et la densification des centres urbains » tout en « accélérant la procédure d'instruction ».

Il est en effet urgent selon M. Carli « de recomposer les zones pavillonnaires et les franges de villes qui ont contribué à défigurer notre paysage » et condamnent leurs habitants à faire la navette entre deux banlieues, celle du lieu de vie et celle du lieu de travail. Il faut donc selon le président « revisiter les règlements urbains et de lotissements pour adapter les constructions existantes, introduire une densité adaptée ainsi qu’une certaine mixité d’occupation ». Mais la proposition de soumettre à simple déclaration préalable (sans permis de construire) les extensions de bâtiments existants dans la limite de 40m² n'est pas souhaitable pour l'Ordre des architectes : elle « produira en réalité l'effet inverse des objectifs recherchés » selon M. Carli. Pourquoi ? Parce que « le problème de fond n'est pas celui de la quantité de surface à autoriser, mais la manière dont elle est mise en oeuvre, pour quels besoins, et pour quelles plus-values patrimoniales ajoutées à la construction ».

Le coeur du problème tient au rôle de l'architecte dans les décisions d'extensions. Libérer la densité en se passant des « seuls professionnels compétents en la matière » pourrait dégrader plus encore la situation et conduire à des situations « catastrophiques », surtout dans les lotissements et zones pavillonnaires, selon Lionel Carli, qui demande que cette proposition soit retirée dans sa rédaction actuelle. « Pour les extensions supérieures à 20 m², la déclaration préalable ne peut s’envisager qu’établie et déposée par un architecte ».

Laurent Perrin

Par Redacteur

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