Le Pôle Fibres-Energivie appelle à développer la pratique du commissioning

Numérique - BIM | 02.12.20
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Alors que la non-qualité des bâtiments neufs augmente ces dernières années, le groupe de travail sur la qualité de l'enveloppe (GTQE) propose de démocratiser la pratique du commissioning pour parvenir à des obligations de résultats plutôt que de moyens. Selon lui, cette méthode permettrait de ré-hausser les exigences en termes de performances énergétiques, et d'obtenir un retour sur investissement en évitant les surcoûts en phase d'exploitation.

Après avoir formulé ses priorités concernant la future RE2020, le Pôle Fibres-Energivie revient cette fois-ci sur la qualité de l'enveloppe et le nécessaire développement du « commissioning ».

 

Alors que la non-qualité augmente à la réception de chantiers, avec +6,2 % de sinistralité dommage/ouvrage depuis 2009 selon l'Agence Qualité Construction (AQC), le groupe de travail sur la qualité de l'enveloppe (GTQE) du Pôle Fibres-Energivie appelle à développer la pratique du « commissioning ». Cette méthode consiste à vérifier et atteindre des objectifs fixés, notamment en termes de performances énergétiques, à chaque étape du chantier, jusqu'à sa livraison et son exploitation. Les instructions et contrôles peuvent notamment être facilités par le recours au numérique (BIM etc.). â

 

Selon la définition du groupe de travail, le commissioning est une « démarche de qualité globale qui a pour objectif de garantir la conformité des performances du bâtiment avec les documents contractuels ». D'après lui, elle se distinguerait du terme français de « commissionnement » - plus restreint - qui consisterait en une « mission partielle d'assistance et d'aide à la mise en service des équipements ».

 

Une obligation de résultats plutôt que de moyens

 

Le GTQE incite à développer le commissioning notamment pour parvenir à une obligation de résultats, les maîtres d'ouvrage se satisfaisant souvent d'une obligation de moyens, sans se soucier des résultats, que ce soit en termes de qualité ou de performances à l'exploitation du bâtiment.

 

« Le commissioning doit être interprété comme la mise en œuvre d’un outil de management de la qualité totale, reposant sur des processus de validation intégrée durant tout le cycle de vie du bâtiment, et pour le moins, sur toute la durée du projet, depuis la programmation initiale jusqu’à sa livraison, avec l’intégration en option de la phase d’exploitation sur les premières années », précise Edward Wood, directeur du pôle technique immobilier d'entreprise au sein de Bouygues Immobilier.

 

Si le coût du commissioning représenterait entre 0,6 et 1 % du coût total d'un projet, il permettrait toutefois d'éviter les surcoûts liés à la non-qualité (inconfort, consommations d'énergie...) et à la façon dont il convient d'y remédier (détection, travaux de correction...).

 

Le GTQE cite notamment une étude du Lawrence Berkeley National Laboratory estimant entre 0,21 et 2,05 dollars par m2 les gains réalisés en termes d'économies d'énergie, et jusqu'à 74,9 dollars par m2 celles concernant les coûts de travaux modificatifs.

 

Pour Jean-Luc Sadorge, directeur général du Pôle Fibres-Energivie, le développement de cette pratique doit être couplée avec le numérique : « Il est nécessaire d’imaginer l’apport du numérique pour permettre un déploiement et une appropriation de cette pratique à l’ensemble des projets sur le territoire avec une mutualisation des connaissances, des bons réflexes et pratiques vertueuses, en particulier concernant la qualité thermique de l’enveloppe des bâtiments. Il semble légitime d’imaginer les pistes d’exploitation du numérique afin d’assister les acteurs du bâtiment dans leur démarche pour améliorer la qualité globale des opérations. Un facteur primordial dans un contexte d’accélération de la dynamique BIM où il reste beaucoup à faire », estime-t-il.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

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