Canicule : plusieurs préfets arrêtent les chantiers aux heures les plus chaudes

Après la mort d'un ouvrier de 19 ans d'hyperthermie sur un chantier de toiture fin mai lors de la première canicule de ce printemps 2026, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait appelé les entreprises du BTP à « prendre leurs responsabilités » face à la chaleur.
Interrogé par Danielle Simonnet, députée du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, l'ancien patron de la SNCF a cette fois-ci haussé le ton. « J'ai demandé aux préfets, dans les départements qui basculeraient en vigilance rouge, de ne pas hésiter à arrêter les chantiers de 13 h à 21 h si la situation locale l'exige. »
Des interruptions des chantiers aux heures les plus chaudes
Le ministre ajoute que des arrêtés préfectoraux de ce type ont été pris en Haute-Garonne, dans le Puy-de-Dôme, en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.
Dans les trois départements franciliens, certains travaux sont autorisés à débuter dès 5 h et les activités des chantiers en extérieur doivent être suspendues entre 13 h et 22 h pendant toute la période de vigilance rouge.
En Haute-Garonne, qui a basculé lundi en vigilance rouge, la préfecture a suspendu les activités de chantier dans le BTP entre 12 h et 20 h dans l'agglomération de Toulouse. Dans le Puy-de-Dôme, l'arrêté préfectoral porte sur les communes de plus de 10 000 habitants, avec le démarrage de chantiers autorisé dès 6 h du matin et leur suspension de midi à 22 h.
Le groupe écologiste propose un « congé climatique »
Danielle Simonnet, dans sa question, propose la mise en place d'un droit de retrait dès 33°C et d'un « congé climatique » en cas d'événements climatiques extrêmes.
En réponse à la députée écologiste, Jean-Pierre Farandou a affirmé qu'un chapitre était consacré au travail dans le contexte de fortes chaleurs au sein de son plan Santé au travail 2026-2030, présenté le 5 juin. Il a aussi rappelé qu'un dispositif de chômage intempérie pour canicule est déjà en place et qu'il avait permis d'indemniser « 120 000 heures de travail dans les entreprises du BTP ». Monsieur Farandou réunit d'ailleurs ce mercredi 24 juin les organisations patronales et syndicales autour de la question du travail par fortes chaleurs.
Dans le cas de l'ouvrier décédé dans la Drôme au mois de mai pourtant, nos confrères de Mediapart révèlent par ailleurs que son entreprise n'avait rien prévu pour faire face à la chaleur. Le jeune homme avait ainsi conservé ses horaires habituels de travail – de 8 h à 12 h, puis de 14 h à 18 h – sans accès immédiat à l'eau. Interrogé par Mediapart, Jean-Pierre Farandou avait estimé que « l’immense majorité » des sociétés « mettent en œuvre les mesures qu’il faut ».
En 2025, Santé publique France a recensé neuf accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur, dont six dans les domaines de la construction et de l'agriculture. En mai, la FNTP avait recommandé aux entreprises du BTP de suspendre leur activité en cas de vigilance rouge et si les mesures de prévention s'avèrent insuffisantes pour garantir la sécurité des personnels.
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