Monoxyde de carbone : lutter à armes égales contre un « tueur imprévisible »
Publié le 19 février 2026 à 10h45, mis à jour le 19 février 2026 à 11h40, par Raphaël Barrou

Il refait régulièrement surface dans les médias lorsqu’il sévit - comme récemment en Seine-et-Marne - et pourtant, on ne peut ni le voir ni le sentir. Le monoxyde de carbone (CO) constitue un véritable danger au sein de nos logements ! Face à cet ennemi aussi invisible qu’imprévisible, la meilleure arme demeure le détecteur de CO (DAACO), capable d’alerter les occupants d’un domicile dès qu’il y pénètre.
Dès lors, la proposition de loi visant à rendre obligatoire un tel dispositif dans tous les logements en France [cette proposition de loi doit être débattue prochainement en commission à l'Assemblée nationale, NDLR] prend tout son sens. À la clé, une sécurité domestique accrue, un nombre conséquent de vies sauvées chaque année… mais aussi de nouvelles responsabilités pour les bailleurs sociaux.
Une attaque invisible, un risque bien réel
Impossible à détecter par nos sens, le monoxyde de carbone se révèle extrêmement nocif lorsqu’il est inhalé en forte quantité. Mais d’où vient-il ? Il résulte d’une combustion incomplète, émanant généralement des chaudières, cheminées ou plaques de cuisson à gaz. Son meilleur allié : une mauvaise ventilation, qui lui laisse tout le loisir de se propager.
Pour mieux protéger les populations face au risque d’intoxication au monoxyde de carbone, un projet de loi déposé en 2024 entend - à l’instar de la loi Alur entrée en vigueur en 2015 pour les détecteurs de fumée (DAAF) - imposer le déploiement de détecteurs sonores au sein de l’ensemble des logements français.
Si la proposition de loi n’a pas encore été soumise au vote, il convient de prendre les devants. Et pour cause, en plein hiver, les systèmes de chauffage sont nombreux à avoir repris du service, et avec eux, le risque de génération de CO.
Le tout exacerbé par les habitudes saisonnières : on passe davantage de temps chez soi et le froid incite à laisser les fenêtres fermées. C’est ainsi qu’environ 1 300 épisodes d'intoxications survenus par accident et impliquant près de 3 000 personnes sont déclarés aux autorités sanitaires chaque année.
Les bailleurs en première ligne pour endiguer le risque d’intoxication
Autre facteur de dangerosité du monoxyde de carbone : il peut aisément se propager - à travers les gaines techniques et les conduits de ventilation communs notamment - d'un logement à l'autre. C’est pourquoi il convient aux bailleurs d’équiper l’ensemble de leur parc de DAACO pour garantir la totale sécurité de leurs locataires.
Afin de garantir la pleine efficacité de ces dispositifs, des bonnes pratiques d’installation sont également à respecter : idéalement, une alarme devrait être installée dans chaque pièce contenant un appareil à combustion - entre 1 et 3 m de celui-ci - et dans chaque chambre à coucher.
Lors de la campagne de déploiement, veiller à ce que tous les locataires disposent d’un DAACO homologué NF - garantissant une fiabilité à toute épreuve - constitue un prérequis indispensable. Toutefois, difficile de s’y retrouver parmi plusieurs dizaines de références, et sans harmonisation des équipements, la maintenance s’apparente à un véritable parcours du combattant.
Dans ce contexte, les bailleurs ont plus que jamais intérêt à équiper leur parc de logements avec un modèle unique, facile à installer et garantissant une protection optimale. À noter par ailleurs l’émergence de modèles « intelligents » - pouvant être reliés les uns aux autres et surveillés à distance - qui ouvrent la voie à un niveau de protection encore plus élevé au sein des immeubles.
Vous l’aurez compris, même si les DAACO ne sont pas (encore) obligatoires, la détection précoce reste un niveau de protection essentiel.
Par Nathan Nyong, Responsable du développement France chez FireAngel et membre de la FFMI-GES














