Le gouvernement exclut d'autres rénovations monogestes des aides MaPrimeRénov'

C’est une nouvelle qui irrite déjà les professionnels de la rénovation énergétique. Le gouvernement a décidé de revoir son dispositif d’aides MaPrimeRénov’ à la baisse. Comme le craignait la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) il y a environ deux semaines, ce sont bien les monogestes qui trinquent.
Invité de la matinale de France Info le 29 juin, le président du syndicat patronal Jean-Christophe Repon s'est emporté contre ce qu'il considère être « un scandale climatique ». L'annonce ne va pas, selon lui, « dans l’intérêt des Français ».
Le ministère du Logement veut se concentrer sur « les rénovations les plus efficaces »
Après l’exclusion de l’isolation des murs et des chaudières biomasse annoncée en septembre dernier, exit de MaPrimeRénov’ les travaux de rénovation isolés, tels que l’installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et chauffages solaires (sauf en Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, de systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toits, des combles et le changement des fenêtres.
Demeurent concernés par les aides de l’État : l'installation de pompes à chaleur utilisées pour se chauffer, le raccordement à un réseau de production de chaleur ou de froid, ou la dépose d'une cuve à fioul.
Le ministère de la Ville et du Logement compte en effet « concentrer l'argent public sur les rénovations les plus efficaces ». Ce qu’il considère être les rénovations d’ampleur, celles qui permettent de gagner deux classes énergétiques aux logements grâce à la réalisation de plusieurs travaux complémentaires en même temps.
Des modifications en vigueur dès septembre
Mais pour Jean-Christophe Repon, ces rénovations d’ampleur peuvent, par leur coût, freiner la massification de la rénovation des logements en ralentissant la prise de décision des particuliers. Un décret et un arrêté seront présentés au Conseil national de l'habitat (CNH), qui réunit des acteurs du secteur, le 2 juillet pour une entrée en vigueur de ces modifications en septembre, selon nos confrères du Parisien.
Cette modification du fléchage des aides intervient alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté en avril sa stratégie d’électrification du pays. Celui-ci contient un objectif d’un million de pompes à chaleur installées d’ici 2030. Des équipements qui capteraient ainsi en priorité une bonne part des aides MaPrimeRénov’ pour les rénovations par geste.
Une perspective qui n’enchante pas vraiment la Capeb, monsieur Repon préférant, toujours au micro de France Info, « que les Français entendent qu'ils ont encore la possibilité d'isoler et de ventiler leur logement avant d'aller plus au-delà ». Sur son site, l’Ademe incite en priorité à « revoir l’isolation [du] logement avant d’y installer une pompe à chaleur » afin de limiter les pertes en chaleur et d’adapter l’équipement aux besoins du logement.
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