Rénovation urbaine : Bally Bagayoko appelle à « changer de méthode »

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, appelle à revoir l’approche de la rénovation urbaine dans les quartiers populaires. Lors de la Journée nationale de l’Anru, organisée jeudi 17 septembre à Saint-Denis, il a plaidé pour que les habitants prennent une place plus importante dans la transformation de leur quartier et pour que « l’humain au coeur des projets urbains » soit davantage pris en compte.
« Les habitants ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, ils doivent en être des acteurs », a-t-il déclaré.
La Seine-Saint-Denis concentre 16 % des crédits de l’Anru
La Seine-Saint-Denis concentre 16 % des crédits distribués par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), selon la préfecture.
« L’Etablissement public territorial de Plaine Commune est l'un des plus grands NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain, ndlr) de France, (...) 2,6 milliards d'investissements et plus de 200 000 habitants concernés, soit près d'un tiers de notre population », a rappelé Bally Bagayoko, également président de Plaine Commune.
La perspective d’une nouvelle phase de renouvellement urbain se précise. Annoncée en avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la troisième génération de programmes doit couvrir la période 2026-2040. Adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet, le projet de loi a été transmis à l’Assemblée nationale.
Évoquant les limites parfois formulées à l’égard des programmes de l’Anru, le maire de Saint-Denis a souligné l’urgence de la situation pour les habitants des quartiers concernés : « Les habitants de nos quartiers n'ont pas de temps à perdre », a-t-il déclaré.
L’élu a ensuite précisé sa conception de la transformation urbaine : « Transformer un quartier, ce n'est pas déplacer les gens. Transformer, c'est protéger, accompagner, donner des droits, replacer l'humain au coeur des projets urbains ».
« La démolition n'est pas une fin en soi »
Le maire de Saint-Denis a également plaidé pour que les opérations de rénovation urbaine ne conduisent pas à l’exclusion des habitants les plus modestes. « Une République forte (...) n'organise pas la sortie des plus mauvais de notre territoire. Par conséquent, la démolition n'est pas une fin en soi », a-t-il déclaré. Il a aussi appelé à « partir des usages concrets des habitants » et à agir « contre la gentrification », un thème déjà présent dans sa campagne aux municipales.
Bally Bagayoko a par ailleurs évoqué la situation sociale dans les quartiers concernés, avec un taux de pauvreté allant « jusqu'à 40 % dans les quartiers de la politique de la ville » en 2026.
« Neuf ou rénové, par conséquent, le logement doit être accessible », a-t-il déclaré.
Les difficultés rencontrées dans les quartiers de la politique de la ville dépassent la seule question du logement. D’après l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV), le taux de pauvreté y est trois fois supérieur. Ces territoires sont également confrontés à une moindre présence médicale, à une exposition accrue aux pollutions atmosphérique et sonore ainsi qu’au phénomène d’îlots de chaleur urbains rendant encore plus difficiles à supporter les épisodes de canicule.
Avec AFP
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