1 milliard d’euros investi en Ingénierie et construction créerait près de 12 000 emplois

Vie des sociétés | 10.02.16
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Selon l’étude « Ingénierie et Construction : impact de la filière sur l’économie française » réalisée par le cabinet d’audit et de conseil PwC, chaque milliard d’euros investi permettrait de générer 2,3 milliards d’euros de revenus pour l’économie française et de créer 12 000 emplois. Pourtant les perspectives de croissance sont modestes : PwC estime que le marché ne devrait augmenter que d’1,1% par an sur les 10 prochaines années, et ce par manque de soutien aux investissements.
L’étude réalisée par le cabinet d’audit et de conseil PwC place le bâtiment au cœur du développement économique du pays.

En effet, « chaque euro investi dans le secteur de l’ingénierie et de la Construction a un effet multiplicateur x2 sur les revenus générés et les emplois créés pour l’économie française », commente Benjamin Ribault, associé chez PwC et responsable secteur Ingénierie et Construction.

Ainsi, un investissement d’un milliard d’euros dans le secteur de l’Ingénierie et de la Construction générerait 2,3 milliards d’euros de revenus additionnels pour l’économie française et entraînerait la création de près de 12 000 emplois pérennes.

Pourtant, PwC décèle de nombreux freins aux investissements tels que « l’augmentation de la dette publique (qui pourrait freiner le lancement de certains travaux par les collectivités locales et les pouvoirs publics) ; la réglementation toujours peu encourageante notamment pour les investisseurs locatifs, ainsi que la hausse des coûts de construction ».

Par conséquent, les perspectives de croissance du secteur sont modestes: le cabinet d’audit et de conseil table sur une faible augmentation de + 1,1% par an sur les 10 prochaines années.

Soutenir le secteur est « essentiel »

Composé de près de 560 000 entreprises, soit presque 15% des entreprises françaises, le secteur de l’Ingénierie et de la Construction « est à l’origine de 9,9% du PIB du pays », avec un marché estimé à 277 milliards d’euros en 2015.

En tenant en compte des effets indirects et enduits, « le secteur génère et soutient près de 13% des emplois en France avec 3,316 millions de salariés recensés en 2013 », se plaçant ainsi sur la 1e marche du podium des employeurs, devant les secteurs du Commerce et des Services aux entreprises.

« Soutenir la filière est donc d’autant plus stratégique qu’elle est essentielle à la bonne santé de l’économie française » déclare le cabinet PwC.

Afin d’illustrer de manière chiffré l’impact de contribution de l’ingénierie et de la Construction, les experts de PwC se sont appuyés sur des exemples concrets et notamment sur deux segments moteurs de cette industrie : la réalisation de grands projets et le secteur du logement neuf.

Selon l’étude, la « mise en route rapide des grands projets connus à date permettrait de créer environ 84 000 emplois annuels sur les 16 prochaines années ».

Parmi ces grands chantiers, on retrouve notamment le projet d’EDF Carénage qui représente à lui seul près de 59 000 emplois par an sur la période 2015-2025, ou encore l’organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris qui engendrerait un investissement dans les infrastructures de 3 milliards d'euros sur 7 ans, c’est-à-dire plus de 5 000 emplois par an sur cette même période.


Pour ce qui est du secteur du logement neuf, PwC déplore le déficit d’environ 150 000 logements par rapport à la cible gouvernementale de 500 000 fixée en 2013 ; le respect de cette cible « permettrait de créer plus de 160 000 emplois annuels, et génèrerait plus de 10 milliards d’euros de valeur ajoutée pour l’économie française ».

« Si l’on extrapole les résultats à ces deux exemples concrets, une plus grande ambition en termes de volumes et d’accélération de mise en œuvre se traduirait par la création rapide de près de 250 000 emplois pour l’économie française », conclut M. Ribault.

Méthodologie

Les différents constats et perspectives présentés dans l’étude « Ingénierie et construction : impact de la filière sur l’économie française » sont basés sur l’analyse des statistiques d’entreprises réalisées par l’ESANE (Elaboration des Statistiques Annuelles d’Entreprises) en 2013 – il s’agit des derniers chiffres obtenus à date. 

R.C
Redacteur
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