Construction hors-site : un procédé encore mal maîtrisé

Vie des sociétés | 01.10.21
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Depuis quelques années, la construction hors-site est de plus en plus plébiscitée, notamment pour réduire les délais et les nuisances, mais est-elle réellement utilisée, bien maîtrisée, et quels sont les attentes des acteurs du bâtiment ? Eléments de réponse avec le premier baromètre de la construction hors-site.

Les résultats du premier baromètre de la construction hors-site étaient dévoilés mercredi 29 septembre par Batimat, le Campus Hors-Site, et TBC Innovations. Cette enquête étant vouée à devenir annuelle, pour décrypter les évolutions des comportements et attentes des maîtres d'oeuvre et maîtres d'ouvrage concernant la construction hors-site. Pour cette première édition, 200 professionnels ont été interrogés en juin 2021.

 

L'enquête révèle que près de la moitié (47 %) des acteurs interrogés ont déjà mis en œuvre le hors-site dans leurs projets. La préfabrication des éléments de structure primaire 2D comme les façades, les planchers ou toitures, est la plus courante (71 %), notamment pour des petits projets de moins de 1 000 m2 (35 %).

 

Dans le détail, les opérations concernent notamment le neuf, pour des maisons individuelles (46 %), et des logements collectifs (45 %), mais aussi pour du tertiaire (35 %). La construction hors-site est en revanche laissée de côté pour la rénovation, avec seulement entre 9 et 12 % d'opérations pour les mêmes segments.

 

Le hors-site, très majoritairement utilisé pour le neuf. Source : sondage Campus Hors-Site/Batimat/TBC Innovations juin 2021

 

« On l’utilise plus pour le neuf mais on pourrait très bien le faire pour de la rénovation en faisant de la surélévation de bâtiment sans soucis », note ainsi un maître d'ouvrage ayant répondu au sondage.

 

Interrogés sur l'évolution du hors-site, 76 % des utilisateurs ont estimé que la part de projets hors-site devraient augmenter, notamment pour les logements collectifs, les établissements scolaires, les résidences gérées, et les maisons individuelles.

 

Encore de nombreux freins soulevés

 

Principal frein évoqué par les sondés : des problèmes de collaboration et de coordination entre les différents acteurs, relevés par 58 % des professionnels ayant travaillé sur un projet hors-site. Même dans les projets les plus réussis, 42 % des acteurs reconnaissent avec rencontré des difficultés.

 

« L’élément clé est de penser et concevoir le projet en hors-site dès le début. De savoir très tôt les solutions que l’on va utiliser et utiliser tous les outils numériques qui sont à disposition aujourd’hui comme le BIM, qui est une bonne passerelle avec le monde de l’industrie. L’erreur c’est de concevoir un projet et ensuite vouloir y intégrer des éléments préfabriqués hors-site », estime de son côté un bailleur social.

 

Parmi les autre freins soulevés par les utilisateurs : le manque de connaissance et d'ouverture des entreprises à ces innovations (pour 64 %) de visibilité sur la réglementation (44 %), de compétences disponibles (43 %), et d'entreprises implantées sur le territoire (42 %).

 

Le sondage s'est ensuite focalisé sur les personnes n'ayant encore jamais eu recours au hors-site. Parmi les obstacles au passage à l'acte : la méconnaissance des procédés (65 %), ou encore le manque d'acteurs sur le marché (51 %). Toutefois, 82 % des non-utilisateurs estiment qu'ils devraient y avoir recours dans le futur.

 

Les obstacles perçus par les non-utilisateurs du hors-site. Source : sondage Campus Hors-Site/Batimat/TBC Innovations juin 2021

 

Enfin, concernant le décalage entre les attentes envers la construction hors-site et les avantages réellement obtenus, la réduction des nuisances et la réduction des délais sont bien atteintes, selon une majorité d'acteurs . En revanche, la réducton des coûts n'est pas encore constatée dans les faits.

 

Le décalage entre les attentes et résultats obtenus. Source : sondage Campus Hors-Site/Batimat/TBC Innovations juin 2021

 

« Aujourd’hui non, le hors-site ne permet pas de réduire les coûts ; demain oui ! Tout dépend ce que l’on met dans les coûts. On n’a pas forcément sorti d’opérations moins chères mais on a eu des délais plus courts et moins de problèmes. Et on est sur des volumes faibles donc pour arriver à des prix compétitifs il faudra un effet volume », témoigne un autre bailleur social.

 

Conclusion de ce premier baromètre : la formation doit encore se développer pour aider les professionnels à s'emparer des opportunités liées à la construction hors-site, et les acteurs doivent se développer en France pour qu'elle se démocratise, et que les coûts se réduisent.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

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