Engie lance un plan de restructuration des ses activités sur trois ans Vie des sociétés | 25.02.16

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Dans un contexte énergétique difficile, le géant français Engie annonce un plan de transformation de ses activités. Il s'appuiera sur une organisation simplifiée, des activités peu émettrices de CO2 et trois programmes développés sur la période 2016-2018. Des cessions d'actifs sont aussi prévues. Explications.

L'année 2015 se clôture dans le rouge pour le géant énergétique français Engie. Bien qu'anticipée par les analystes, la perte nette du groupe atteint 4,6 milliards d'euros pénalisée par des pertes de valeur pour un montant net de 6,8 milliards d'euros.

Le montant brut, c’est-à-dire avant les effets d’impôt et de minoritaires, de ces ajustements de valeur s’établit à 8,7 milliards d’euros. Ces pertes portent notamment sur « l'activité d’exploration-production très défavorablement impactée » par la chute du prix du pétrole et du gaz naturel. Elles touchent ensuite « l’activité de commercialisation de GNL impactée par le retournement du marché », et les « activités de production d’électricité (…) confrontées à une dégradation de leurs fondamentaux », relève le groupe dans sa note de conjoncture.

Ainsi, l'année 2015 se solde par un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 11,3 milliards d'euros et un résultat net récurrent de 2,6 milliards, pour un chiffre d'affaires en repli de 6,4 % à 69,9 milliards d'euros.

C'est pourquoi, le groupe a décidé de réagir en lançant un « plan de transformation », sur trois ans qui « s'appuiera sur une organisation simplifiée, plus proche des territoires, et sur 3 programmes sur la période 2016-2018 ».

« Engie concentrera ses nouveaux développements vers les activités peu émettrices de CO2, vers les solutions intégrées pour les clients et vers les activités non exposées aux prix des commodités », ajoute le groupe dans un communiqué.

Investissements et cessions

Dans le détail, ce plan comporte 22 milliards d’euros d’investissements, dont 7 milliards d’euros de maintenance. Il prévoit également un programme de rotation de portefeuille de 15 milliards d’euros, dont « près d’un tiers est déjà signé à ce jour » par le biais de cessions, de partenariats et/ou de fermetures de sites.

Le groupe annonce ainsi l'acquisition d'OpTerra, dans le secteur des services à l’énergie. L'entreprise est spécialisée dans l'optimisation de la performance énergétique d’écoles, de collèges, d’universités, de municipalités. Elle leur propose des solutions technologiques, allant d’efficacité énergétique aux énergies renouvelables, en passant par des systèmes de préservation de l’eau jusqu’aux micro grids.

Engie vendra également 13 GW de capacités de production d’électricité, dont 10 GW d’actifs exposés à l’évolution du prix des commodités aux Etats-Unis et deux centrales à charbon (3 GW2 ) en Inde et en Indonésie.

« Ces transactions illustrent parfaitement la mise en œuvre de notre plan de transformation pour réduire l’empreinte carbone d’Engie et son exposition à l’évolution du prix des commodités et pour se concentrer sur deux de nos priorités : développer un mix énergétique faible en émission de CO2 et créer des solutions innovantes et intégrées pour nos clients. (...) Les cessions aux Etats-Unis, en Inde et en Indonésie nous permettent de (…) réduire de 20% notre capacité installée de production d’électricité à partir de charbon », ont déclaré Gérard Mestrallet, PDG d’Engie et Isabelle Kocher, Directeur Général Délégué, en charge des Opérations.

Enfin, Engie lance un programme de performance, baptisé Lean 2018, visant des économies récurrentes sur les coûts opérationnels ayant un impact cumulé net sur l’Ebitda de 1 milliard d’euros à horizon 2018.

Malgré un contexte de marché difficile caractérisé par la baisse importante et persistante des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité, qui continuera de peser sur les résultats, le groupe prévoit pour 2016 « un résultat net récurrent part du Groupe résilient par rapport à 2015 compris entre 2,4 et 2,7 milliards d’euros ».

C.T
© Fotolia

Redacteur

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