L’annonce du Projet de loi de finances sème la zizanie sur le Congrès de l’Union sociale pour l’habitat Vie des sociétés | 29.09.17

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Jeudi 28 septembre s’est tenue, à Strasbourg, la cérémonie de clôture de la 78e édition du Congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH). Un événement très particulier, qui a été marqué cette année par l’annonce du Projet de loi de finances 2018, qui prévoit notamment une réforme des aides au logement dans le parc social. De quoi déclencher la colère du Mouvement HLM, qui a clairement fait part de son mécontentement au secrétaire d’État Julien Denormandie, présent sur place.
Après les annonces, ces derniers mois, de diverses mesures gouvernementales qui ont inquiété les professionnels de la construction et du logement, c’est aujourd’hui le Projet de loi de finances 2018 qui provoque l’incompréhension des acteurs du secteur. Et pour cause !

Avec seulement 16,5 milliards d’euros de budget pour l’année prochaine, le logement est l’un des grands perdants de ce PLF, bien loin de la défense (34,4 milliards d’euros, en hausse de 5,6% par rapport à l’année précédente) ou de l’enseignement (51,3 milliards, soit 1,4 milliard de plus qu’en 2017).

Une somme limitée, donc, qui a obligé Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, à faire des choix. Et c’est le logement social qui devra visiblement ramasser les pots cassés, avec l’annonce d’une réforme des APL pour les locataires du parc HLM censée faire baisser les loyers. Une erreur, pour le Mouvement HLM.

Aucune discussion possible avec le gouvernement

En plein Congrès de l’USH, ouvert mardi dernier à Strasbourg, les professionnels du logement social n’ont pas mâché leurs mots, critiquant l’« attaque idéologique » portée par le gouvernement.

« Le Président de la République et le gouvernement confirment et amplifient leurs attaques contre le logement social. L’exécutif s’attaque aux principes mêmes le République : l’égalité, la solidarité, et la justice, mettant en cause, avec le logement social, un pilier fondamental du pacte républicain », condamne le Mouvement HLM.

« La suppression de l’APL ‘’accession’’ pour les nouveaux accédants et celle du prêt à taux zéro pour la construction dans 93% des communes (zones B2 et C) sont un coup sans précédent porté à l’accession sociale à la propriété », poursuit l’organisme.

La baisse des loyers dans le parc social, enfin, sonne comme un coup de grâce pour les professionnels du secteur, qui redoutent des répercussions sur « les locataires HLM et les personnes en attente d’un logement social, mais également les entreprises du bâtiment, qui verront leur activité directement impactée, ainsi que les collectivités locales ».

Dans ce contexte, les acteurs du logement social préfèrent mettre en garde les élus locaux, les parlementaires et les locataires contre les conséquences dramatiques que pourraient avoir ces dispositions. Le Mouvement HLM a également fait part de son refus de négocier avec le gouvernement autour de telles mesures, appelant même à leur « retrait immédiat ». Julien Denormandie, secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, a d’ailleurs pu profiter d’un avant-goût de la colère des professionnels du secteur…

Une cérémonie de clôture particulièrement mouvementée

Invité à présenter la cérémonie de clôture du Congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH) ce jeudi 28, Julien Denormandie risque de se souvenir longtemps de son intervention sur l’événement.

Entre cornes de brume, cartons rouges, sifflets, affiches négatives et protestations, le secrétaire d’État a, en quelque sorte, ‘’payé’’ pour le budget « injuste » annoncé par le gouvernement.

« Ce qu’on vous demande de faire est difficile », a concédé Julien Denormandie. « Il faut discuter avec [les bailleurs sociaux], il faut que nous améliorions ce dialogue sur des solutions précises, en termes de financement, d’allongement d’aides ». Pas sûr que les principaux intéressés l’entendent de cette oreille.

(avec AFP)

F.C

Photo de Une : ©Daniel Thierry/USH
Redacteur

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