Projet de loi de finances 2018 : quel impact pour le BTP ? Vie des sociétés | 28.09.17

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Très attendu par les Français, le Projet de loi de finances 2018 (PLF), le premier du quinquennat Macron, a enfin été dévoilé ce mercredi 27. Si une part importante du budget a été attribuée à la sécurité et à l’environnement, le ministère de la Cohésion des territoires, lui, s’est vu octroyer un budget de 16,5 milliards d’euros. Une somme largement en baisse par rapport à 2017, mais grâce à laquelle Jacques Mézard entend bien répondre aux objectifs de la Stratégie logement du gouvernement.
La semaine dernière, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, présentait, avec Julien Denormandie, secrétaire d’État, la Stratégie logement du gouvernement. Ambitieuse, cette dernière s’organise autour de trois axes : construire plus, mieux et moins cher, répondre aux besoins de toute la population, et améliorer le cadre de vie.

Autant d’objectifs que le gouvernement compte bien atteindre grâce à un budget important : 16,5 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 700 millions d’euros de taxes affectées. Une somme qui « permettra d’améliorer les résultats des politiques du logement, de la ville et d’aménagement du territoire, tout en réduisant la dépense publique », d’après le ministère.

La tâche pourrait néanmoins s’avérer plus compliquée que prévue ! À titre comparatif, le ministère du Logement et de l’Habitat durable, alors dirigé par Emmanuelle Cosse, avait été doté de 34 milliards d’euros de budget pour 2017. À Jacques Mézard, donc, d’organiser ses dépenses pour mener des actions efficaces, mais peu coûteuses.

Un programme ambitieux, mais qui a du mal à convaincre

Pour autant, le ministre de la Cohésion des territoires ne compte pas baisser les bras ! Il a ainsi confirmé que « la production de logements sera prioritairement orientée vers les zones où la demande de logement social est la plus forte et où les loyers privés sont les plus élevés ». « Pour les plus précaires, le budget prévoit de produire 40 000 logements très sociaux ‘’PLAI adaptés’’ », ajoute le gouvernement.

Jacques Mézard mise également sur la réforme des aides au logement dans le parc social pour faire baisser les loyers, préservant, du même coup, le pouvoir d’achat des allocataires. Les bailleurs sociaux, quant à eux, « bénéficieront d’avantages économiques » afin d’« éviter une dégradation de leur situation financière ».

Le budget alloué au ministère permettra par ailleurs de créer 80 000 logements réservés aux étudiants. Les sans-abris ne seront pas lésés, les crédits du programme 177 s’élevant à près de 2 milliards d’euros en 2018. De quoi financer l’hébergement et l’accompagnement social des sans domicile fixe.

Enfin, Jacques Mézard étant très engagé dans la réduction de la fracture territoriale, un effort particulier sera fourni afin d’accélérer le déploiement des réseaux numériques. Un milliard d’euros sera également attribué à l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU). L’ANAH (Agence nationale de l’habitat), quant à elle, recevra une enveloppe supplémentaire visant à « éradiquer les bâtiments énergivores et mal isolés ».

Un programme (trop ?) ambitieux qui n’a pas manqué de s’attirer les foudres de nombreux organismes professionnels du secteur. Ces derniers devraient d’ailleurs grincer des dents encore quelques temps, le budget prévu pour le logement en 2019 ne s’élevant qu’à 15 milliards d’euros.

Un budget « injuste » pour les organismes HLM

En plein congrès des organismes HLM, ces derniers ont fait part de leur déception en découvrant le budget du logement. La baisse des aides personnelles au logement (-1,7 milliard d’euros en 2018), notamment, s’avère particulièrement inquiétante.

« Notre pronostic vital est engagé », témoigne Alain Cacheux, président de la fédération des Offices publics de l’habitat (OPH). « C’est totalement injustice : on fait payer au secteur HLM des dérives en matière de loyers qui sont celles du secteur privé, alors que nos loyers sont encadrés ».

« Un Français sur deux vit ou a vécu en HLM : le gouvernement va nous rendre incapables de leur apporter cette stabilité au moment où la précarité, le chômage, les bas salaires augmentent », renchérit Marianne Louis, secrétaire générale de l’Union sociale de l’habitat (USH).

Des réactions compréhensibles, au moment où la baisse des APL, annoncée cet été, va frapper de plein fouet 6,5 millions de ménages français.

(avec AFP) 

F.C
Photo de Une : @MezardJacques (Twitter)
Redacteur

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