Le colloque FFB fait un état des lieux de l’innovation Vie des sociétés | 16.04.21

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Dans un premier article, nous vous présentions les grands enjeux du colloque consacré à l’innovation, lancé par la FFB ce mardi 13 avril. Aujourd’hui, Batiweb vous propose de revenir sur les solutions annoncées à travers les nombreux témoignages d’experts, et notamment sur les questions des nouveaux procédés constructifs ainsi que de l’intelligence artificielle et du BIM.

Le colloque Innovation de la Fédération française du bâtiment, organisé par son président, Olivier Salleron et Emmanuel Gravier, directeur de l’Innovation et de la Transition numérique, a été imaginé pour essayer de trouver des solutions aux entreprises de la profession et ainsi, redorer l’image du secteur « souvent considéré à tort comme en retard » en termes d’innovation.

Dans le premier article, nous abordions l’idée du « co-développement », un principe qui génère de l’engagement et valorise tous ceux qui y participent et ce, dans l’unique but de gagner en performance et donc en qualité d’usage. Ce dernier a beaucoup été évoqué lors de la première table ronde du colloque sur les nouveaux procédés constructifs. Franck Perraud, président du conseil des professions de la FFB : « Pour innover ensemble, il faut d’abord apprendre à se connaître. » 

Le « Lean Construction » 

Le lean construction se traduit par l'optimisation des coûts, de la qualité, de la sécurité et des délais pour atteindre une performance globale plutôt qu’une performance individuelle. Ainsi, ce dernier se base sur un grand principe : l’amélioration constante, synonyme de progrès et d’innovation. 

« Cette démarche a fait ses preuves chez nous depuis de nombreuses années, et dorénavant elle se déploie de manière assez systématique », déclare François Dutilleul, PDG de Rabot-Dutilleul. Il ajoute : «  Aujourd’hui, les méthodes et les techniques de construction sont connues mais je reste convaincu que la transformation globale du secteur se fera par l’humain, et donc par l’information, la formation, l’appropriation, l’implication de nos collaborateurs et l’ensemble de ses parties prenantes. »

Pour les enjeux d'économie circulaire et de décarbonation, le principe de Lean Construction peut d’ailleurs constituer une solution durable. Jean Passini, Président de la commission environnement et construction durable de la FFB indique : « Il faut travailler de façon transversale, métiers avec métiers, entreprise avec maître d’ouvrage et maîtrise d’oeuvre, ce n'est que de cette manière qu’on trouvera des solutions ! »

La construction modulaire hors-site, un principe innovant

A l’aube de la RE2020, le secteur prend davantage en compte la nuisance des Travaux, et favorise ainsi l’essor de la construction modulaire. Cette dernière se définit par une démarche de construction qui ne suit pas les procédures dites habituelles. En effet, son principe se résume à assembler des bâtiments préfabriqués avec des modules individuels, généralement préparés en usine. Cette récente façon de construire élimine certaines contraintes, comme les risques de pénuries de main-d'œuvre. 

« Il y a une volonté politique affirmée qui pousse à la préfabrication », affirme Cyril Cosnier, directeur chez Eiffage Construction Industries. C’est dans ce contexte que l'entreprise développe des concepts novateurs tels que la nouvelle déclinaison de salles de bain bas-carbone Wa'ood, une démarche innovante qui allie préfabrication et développement durable. 

Chez Arbonis, filiale de Vinci Construction France, ce principe de construction modulaire a lui aussi pris petit à petit sa place au sein de l’entreprise. Jean-Marc Provot, Directeur marketing chez Arbonis déclare : « Depuis 4 ans, nous construisons à 100% en hors-site. Ce mode de construction nous a permis de faire évoluer rapidement l’association bois-béton, en évitant ainsi les nuisances sur chantier et en facilitant la mise en œuvre de nos process. »

Franck Perraud assure : « Aujourd’hui, à la fédération, nous avons toutes les armes pour accompagner nos adhérents dans ce virage là. Le métier de base doit rester mais il doit être amélioré ! »

La question du BIM et de l’intelligence artificielle 

Généralisation des projets sous BIM, chantiers connectés, nouveaux services aux clients, la transformation numérique est devenue une véritable opportunité pour le secteur de la construction mais pour cela : « il faut donner du sens au BIM et le partager », souligne Nicolas Chabrand, président de Ragoucy. A nouveau, la notion de partage se manifeste. Pour généraliser le BIM, il faut donc le partager. Ainsi, le Plan BIM 2022, lancé à la fin 2018, a été mis en place par le gouvernement pour diffuser cette pratique, afin que toutes les entreprises puissent en bénéficier à l'horizon 2022. « C’est un passage obligé pour l’évolution de nos métiers », ajoute-t-il. 

Afin d'accélérer la transition du numérique dans le secteur du bâtiment, la FFB a mis en place un groupe de travail sur l’intelligence artificielle (IA) pour une mission de six mois. Cécile Mazaud, cheffe du projet déclare : « L’IA est déjà dans notre quotidien, à nous de nous emparer de cette technologie pour performer dans nos entreprises. »

Avec l’intelligence artificielle apparaît l’internet des objets, des objets permettant une communication entre nos biens dits physiques et leurs existences numériques. C’est dans ce contexte que Legrand France lance en 2015, Eliot, le programme de développement d'objets connectés. Ce dernier a pour but que les utilisateurs expérimentent au quotidien la vie connectée. Une mission réussie puisqu'en 2020, le programme réalise plus de 12% du chiffre d'affaires de Legrand, qui s’élève, par ailleurs, à plus de 6 milliards d’euros. « Il y a un accroissement exponentiel du numérique et ce, car nous apportons de l’usage aux objets connectés », ajoute Emmanuel Ballandras, directeur partenariats et relations extérieures chez Legrand France. 

Cédric O, Secrétaire d'État chargé du Numérique conclut : « Comme toute transformation, la transformation numérique est exigeante mais celle-ci est un facteur qui doit permettre aux entreprises du bâtiment, à leurs salariés ainsi qu’à leurs clients de profiter de la reprise économique. Elle doit également être un élément qui permettra au secteur du bâtiment français de continuer à être parmi les plus performants du monde. »

 

Marie Gérald

Photo de Une : AdobeStock.

Redacteur

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