Les fabricants et distributeurs de réseaux d’eau demandent à reprendre leur activité Vie des sociétés | 20.04.20

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Le syndicat Cochebat et les fédérations de la FNAS et de la FNBM, représentant la filière des producteurs, distributeurs et installateurs de réseaux d’eau, ont envoyé une lettre ouverte aux ministres de l’Économie, du Travail et de la Santé, leur demandant d’être reconnus comme une activité vitale pour pouvoir reprendre le travail. Selon eux, ils sont un maillon essentiel de la chaîne de distribution d’une eau potable qui permet de respecter les mesures d’hygiène, d’autant plus importantes en cette période d’épidémie.

Un syndicat et deux fédérations de fabrication et distribution de réseaux d’eau ont envoyé, jeudi 16 avril, une lettre ouverte à Bruno Le Maire, Olivier Véran, Muriel Pénicaud et Agnès Pannier-Runacher, les appelant à reconnaître leur activité comme essentielle.

 

Une activité qui aurait dû être considérée comme essentielle ?

 

Dès le début de l’épidémie et des premières mesures de confinement, les acteurs de la gestion de l’eau ont immédiatement été déclarés comme « opérateurs d’importance vitale ». Tel n’est pas le cas des producteurs d’infrastructures et réseaux, qui appellent aujourd’hui à être considérés comme vitaux pour pouvoir reprendre leur activité.

 

« En France, si l’accès à l’eau est considéré comme vital, notre secteur producteur d’infrastructures et réseaux n’apparaît pas clairement dans des activités essentielles, comme c’est déjà le cas par exemple aux USA », ont déploré le syndicat national des industriels producteurs de tubes en matériaux de synthèse et de systèmes intégrés de distribution d’eau, chauffage et sanitaires (Cochebat), la fédération française des négociants en appareils sanitaires, chauffage, climatisation et canalisation (FNAS), et la Fédération nationale du négoce de bois et des matériaux de construction (FNBM).

 

Ils rappellent que les réseaux d’eau potable sont indispensables pour pouvoir appliquer les gestes barrières : se laver les mains, assurer le fonctionnement des hôpitaux… « Les interventions urgentes doivent rester possibles, tout comme l’équipement des nouveaux bâtiments », insistent-ils.

 

D’après eux, les tubes en PEX, PB et multicouches, « fabriqués selon des normes françaises et internationales » et « certifiés par tierce partie (marque nationale NF545, ou procédé sous ATEC, ACS…) », garantissent par ailleurs un haut niveau de qualité sanitaire de l’eau.

 

Anticipant la reprise, ils espèrent pouvoir reprendre rapidement le travail, notamment en se pliant aux règles de sécurité sanitaires édictées dans le guide de l’OPPBTP publié le 2 avril dernier.

 

Une filière prête à reprendre « le chemin du travail »

 

« On veut que notre activité soit reconnue comme une activité essentielle, avec humilité et pas parce qu’on veut sortir de la mêlée et crier plus fort que les autres. C’est aussi pour rappeler que la filière entière (fabricants, distributeurs etc.) est prête à reprendre le chemin du travail », souligne Florent Kieffer, président de Cochebat, interrogé par Batiweb.

 

« On ne peut pas attendre une rémission complète de cette crise pour reprendre le chemin du travail. Dans la nuit du 11 au 12 mai, le virus ne va pas disparaître. Nos comportements vont en revanche devoir s’adapter pour protéger tous les salariés. Que ce soit le 11 mai, le 12 mai ou même le 30 mai, on sera obligés de travailler différemment que ce qu’on faisait avant, donc cela ne sert à rien d’attendre. Le déconfinement n’équivaut pas au fait que le virus va disparaître. Ce n’est pas une date qui va changer quelque chose », estime Florent Kieffer.

 

La question des masques et de la responsabilité des entreprises

 

Pour une reprise en confiance, le président de Cochebat concède qu’il y a encore des points d’incertitude, et notamment la question des masques : « On attend des pouvoirs publics qu’il y ait des moyens pour les distribuer et les rendre accessibles. Derrière les annonces, ça n’est pas si facile que ça de s’en procurer. Comme pour le gel hydroalcoolique, il faut peut-être envisager que le prix de ces masques soit réglementé pour éviter qu’il y ait des abus. L’objectif, c’est qu’on puisse tous travailler dans des conditions sanitaires qui soient acceptables ».

 

Autre inquiétude : la question de la responsabilité des entreprises. Pour Florent Kieffer, si les entreprises ont évidemment des obligations de moyens, l’obligation de résultats est plus complexe : « On ne peut pas savoir précisément si un salarié a attrapé le virus sur son lieu de travail ou dans le cadre de sa vie personnelle, en allant faire les courses par exemple. Notre responsabilité est bien évidemment que les salariés ne l’attrapent pas sur leur lieu de travail, après il ne faut pas mettre un carcan juridique qui empêche tout le monde de travailler, donc l’État doit être beaucoup plus clair et dire qu’il s’agit d’une obligation de moyens et non pas de résultats. Et il faut que cette obligation de moyens soit réaliste, qu’elle mette tout le monde en confiance ».

 

« Le sens de cette lettre, c’est « donnez-nous les moyens de continuer à travailler, légiférez là où c’est possible », et sans la lourdeur administrative ou juridique habituelle », conclut-il.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

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