Matériaux de construction : « Il y a le feu », alerte l'Unicem

Vie des sociétés | 27.11.14
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A l'occasion de la présentation du « bilan 2014 et perspectives 2015 » de l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction, ce jeudi, la fédération a lancé un appel à l'Etat pour qu'il prenne des mesures d'urgence. L'Unicem s'attend cette année à une chute du marché des matériaux de construction de l'ordre de 5%, plombé par une dégradation « dramatique » de l'activité au second semestre.
« Il ne s'agit pas de dramatiser mais de faire prendre conscience qu'il y a urgence, qu'il y a le feu.» Didier Riou, président de l' Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem), a lancé jeudi un appel à l'Etat afin que soient prises des mesures d'urgence pour faire face à la chute « dramatique » de l'activité.

« Depuis le début de la crise, nous n'avons pas retrouvé le chemin de la croissance », a-t-il indiqué à l'occasion de la publication des prévisions du secteur pour 2014 et 2015. « Il faut vraiment tirer la sonnette d'alarme, je pense que le gouvernement a pris conscience des enjeux et des problèmes. Mais nous voudrions des solutions simples, claires et qui ne soient pas contradictoires.»

Point de rupture

La fédération, qui regroupe les industries extractives de minéraux (granulats, pierre naturelle, minéraux industriels, craie...) et les fabricants de divers matériaux de construction (béton prêt à l’emploi, mortier, plâtre...), s'attend cette année à une chute du marché des matériaux de construction de l'ordre de 5%. Après un début d'année « en fanfare » avec une hausse de 7,1 % au premier trimestre, le marché a chuté de 4,5 % au second et plongé de 10,1 % au troisième en volumes, a précisé le président de l'Unicem. Sur les dix premiers mois de 2014, l'activité cède 3,9%.

Pour l'année prochaine, la fédération s'attend à un « trou conjoncturel » au premier semestre, qui s'annonce d'ores et déjà « très négatif ». Elle escompte une nouvelle chute des granulats de 5 % et du béton prêt à l'emploi de 3 %. « Nous ne sommes pas en train de dire que tout va mal ad vitam æternam mais que nous sommes très inquiets, qu'il faut nous aider et prendre conscience qu'il y a le trou du dernier semestre 2014 à passer et le premier de l'année prochaine,» a alerté Didier Riou avant de prévenir : « sinon il y aura des morts : fermeture d'agences, vente de matériels... Si c'est le cas, ils ne se réveilleront pas.» Selon lui, les 3 500 entreprises du secteur auront en effet du mal l'an prochain à préserver leur outil de production et à limiter l'impact sur l'emploi.

« Un point de rupture aussi bien pour la filière que pour la France » a été atteint, a ensuite assuré celui qui craint que le « trou noir » attendu en 2015 « déglingue les indicateurs nationaux. »

 « Un bonus pour les collectivités qui investiront en 2015 »

Dans ce contexte morose, l'Unicem préconise notamment « le déblocage des logements gelés depuis les élections municipales de mars dernier » et de « libérer du foncier ». Pour y parvenir, « il ne faut pas que ce soit le maire qui décide mais un niveau au dessus » a estimé Didier Riou.

Et ce dernier d'ajouter : « Sur les TP, étant donné que les ressources des collectivités baissent, il faut trouver des moyens qui les poussent à investir plus et éventuellement à dépenser moins. Le second problème c'est qu'il est de plus en plus difficile de faire accepter un barrage, un bout d'autoroutes, etc.» Ces « problèmes » identifiés, la filière propose « un bonus pour les collectivités qui investiront en 2015, à la fois dans les travaux publics et le bâtiment, grâce à une exonération de TVA sur les investissements supplémentaires non prévus au budget et réalisés en 2015.»

Les 2 700 entreprises que fédère l'Unicem emploient 38 000 salariés et réalisent un chiffre d'affaires de 10,5 milliards d'euros. Avec celles des autres activités qui composent la filière des matériaux minéraux de construction (ciment, préfabrication béton, tuiles et briques), elles approvisionnent les entreprises et les artisans du bâtiment et des travaux publics, secteur qui représente plus de 1 million d'emplois, et font travailler 25 000 à 30 000 transporteurs dédiés.

Audrey Le Guellec
© philippe Devanne (Fotolia)

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