Menuiserie bois : Lorillard investit dans une cabine de laquage

Vie des sociétés | 08.09.21
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Menuiserie bois : Lorillard investit dans une cabine de laquage - Batiweb
Le groupe Lorillard inaugurait, ce mardi 7 septembre, le dernier investissement en date dans son usine de Chartres  : une cabine de laquage dédiée aux menuiseries bois, faisant la part belle aux robots et à l'automatisation. Présentation.

Le groupe Lorillard, qui fête ses 85 ans cette année, compte désormais, grâce à différents rachats (Plastibaie, Molenat, Bourneuf, HP Fermetures, Menuiseries Meslin...), plus de 7 sites de production de menuiseries, et plus de 1 000 salariés, pour un total de près de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 

Lorillard mise sur le bois

 

En octobre 2019, le groupe lançait un plan d'investissement de 32 millions d'euros sur 5 ans, dont 17 millions consacrés au bois. Thierry Luce, son président, précise que le segment du bois représente 13 % des volumes produits, et que ce pourcentage devrait évoluer de façon significative.

 

Le groupe mise d'ailleurs particulièrement sur ce matériau. En témoigne le rachat, en début d'année, de l'entreprise normande « Menuiseries Meslin », spécialisée dans les produits traditionnels et sur-mesure en bois (portes cochères, bâtiments haussmannien...).

 

« Il n'y a pas un produit en bois qu'on ne sait pas faire dans le groupe Lorillard », souligne ainsi fièrement le président du groupe.

 

Une nouvelle cabine de laquage automatisée

 

Pour répondre au marché du bois et augmenter ses capacités de production, le groupe a récemment investi dans une nouvelle cabine de laquage, qui s'étend désormais sur 1 000 m2 de surface, soit trois fois plus que l'ancienne, tout en étant trois fois moins énergivore.

 

Cette cabine permet notamment de laquer des chassis en bois de grandes dimensions, jusqu'à 4 mètres sur 3. « Il n'y a pas une usine en France aujourd'hui capable de faire ce type de menuiseries », insiste Thierry Luce. « C'est un outil unique de par sa dimension et de par sa technologie. On est sur une technologie nouvelle sur le marché », ajoute-t-il.

 

Cette dernière fait notamment la part belle aux robots et à l'automatisation, qui permettent de pallier le manque de main d'oeuvre, et d'éviter aux opérateurs d'avoir à réaliser des tâches trop répétitives.

 

« Dans nos investissements, le fil conducteur est l'automatisation et la robotisation de nos usines, car on s'aperçoit qu'on a des difficultés de recrutement. Si on veut augmenter nos capacités, on a l'obligation d'aller chercher des outils qui soient de plus en plus autonomes pour faire face aux besoins et à la demande », explique Thierry Luce.

 

Inaugurée le jour même, la cabine de laquage présente un aspect assez esthétique, presque muséal. Grâce à un processus automatisé et robotisé, les menuiseries qui doivent être laquées sont chargées, puis dépoussiérées grâce à un fllux d'air, avant d'être aspergées d'un flow coat de préservation, puis séchées.

 

L'entrée de la cabine de laquage. Crédit : C.L.

Le séchage par halogènes dans le tunnel à infrarouge. Crédit : C.L.

 

Un deuxième flow coat d'imprégnation blanc est ensuite appliqué, avant l'égouttage. Les menuiseries sont de nouveau séchées dans un tunnel à infrarouge. Viennent ensuite les étapes de peinture et de finition par des robots pulvérisateurs, qui permettent de répéter un geste précis et cadencé.

 

Le robot pulvérise la peinture de façon uniforme. Crédit : C.L.

La dernière étape de séchage avant déchargement des menuiseris laquées. Crédit : C.L.

 

D'un point de vue environnemental, le responsable de la cabine de laquage précise qu'un système de traitement des eaux permet de séparer les boues de peinture, et de filtrer et traiter l'eau grâce à du charbon actif, avant de les rejeter dans les égoûts.

 

Toujours dans cette optique écologique, Thierry Luce ajoute que l'usine réutilise également les copeaux de bois récupérés pour alimenter une chaudière biomasse.

 

Pénuries de bois : travailler sur de nouvelles essences

 

Interrogé sur les pénuries de matériaux en marge de la visite, le président du groupe a reconnu un problème autour du PVC, mais aussi du mélèze, particulièrement importé par la Chine. De fait, le groupe s'intéresse de plus en plus à d'autres essences, comme le pin mais aussi l'eucalyptus, disponible en France.

 

« On est en train de passer vers des eucalyptus, qui peuvent remplacer le mélèze, mais je pense qu'on ne doit pas être les seuls. Il faut savoir s'adapter. Il y a eu une période où c'était le chêne qui était très demandé, après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. On a quand même des experts en bois, qui nous permettent d'avoir des sources d'approvisionnement », ajoute-t-il.

 

Thierry Luce a reconnu que la période inflationniste pourrait encore durer quelques mois, mais s'est toutefois montré confiant, grâce à l'anticipation et à des stocks conséquents.

 

« A l'heure où je vous parle, pas une usine du groupe Lorillard n'a dû réduire ses volumes d'activité parce qu'on avait pas la matière première », rassure-t-il.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Claire Lemonnier

 

Claire.lemonnier
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